POLITIQUE

L'ASSÉ boycotte le Sommet sur l'enseignement supérieur

14/02/2013 06:25 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT
Radio-Canada

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), qui représente 70 000 étudiants, ne sera pas du Sommet sur l'enseignement supérieur prévu la fin du mois.

Les porte-parole de l'organisme en ont fait l'annonce ce matin au cours d'une conférence de presse. Ils soutiennent que le sommet ne permettra pas une vraie réflexion sur l'avenir du système d'éducation postsecondaire, mais qu'« il servira plutôt à légitimer des décisions déjà prises derrière des portes closes. »

L'ASSE, qui prône la gratuité scolaire, s'estime trahie par le gouvernement et soutient qu'elle « ne peut se permettre de légitimer le processus du sommet » dans la mesure où la gratuité n'est pas sur la table.

Les porte-parole étudiants dénoncent également le fait que le sommet ne durera qu'une journée et demie. Ils estiment qu'il sera impossible d'avoir des discussions de fond en si peu de temps.

Pauline Marois dénonce cette décision

La première ministre, Pauline Marois a soutenu que c'était « dommage » que l'ASSE ne participe pas au sommet. « Ils se privent d'un forum, d'un lieu de prise de parole où ils auraient pu faire valoir leur point de vue, » a-t-elle ajouté.

Pour sa part, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a estimé qu'il s'agissait d'une décision surprenante, puisque l'ASSE a pris part, au cours des dernières semaines, aux rencontres préparatoires.

Déception du côté de QS

La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, en a profité pour dénoncer la gestion du dossier de la part du Parti québécois, l'accusant d'avoir changé de position depuis son arrivée au pouvoir. Elle dit comprendre le départ de l'ASSE dans ces circonstances.

Québec solidaire sera quand même présent au sommet pour défendre l'idée de la gratuité, mais manifestera aussi à l'extérieur avec les étudiants.

Pour sa part, l'opposition libérale soutient que le gouvernement a fait trop de promesses aux étudiants et qu'il est donc normal que cela génère maintenant des déceptions. « Le château de cartes du ministre s'écroule aujourd'hui », a soutenu le député libéral de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'enseignement supérieur.

Quant à la Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université (FQPPU), qui déposait aujourd'hui un nouveau rapport sur le financement des universités, son porte-parole a trouvé « regrettable » que l'ASSE ne soit pas présente au Sommet sur l'enseignement.

Manifestation en marge du sommet

L'ASSE tiendra une manifestation nationale mardi 26 février, en marge du sommet. Huit associations étudiantes regroupant environ 15 000 étudiants ont voté la tenue d'une journée de grève pour y prendre part. Au cours des prochains jours, 33 associations étudiantes représentant quelque 60 000 étudiants tiendront des assemblées de grève.

L'organisation étudiante a promis de poursuivre ses moyens de pression si c'est l'option de l'indexation qui est retenue au sommet.

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