BIEN-ÊTRE

"Gloria", film chilien de Sebastian Lelio, ensoleille la Berlinale

10/02/2013 09:31 EST | Actualisé 12/04/2013 05:12 EDT

"Gloria", film du Chilien Sebastian Lelio présenté dimanche en compétition au festival du film de Berlin (7-17 février), a ensoleillé la Berlinale avec l'histoire d'une presque sexagénaire divorcée dans la société chilienne actuelle, ovationnée à l'issue de la projection.

Ce 4e long métrage du réalisateur chilien, pour la première fois en lice pour l'Ours d'Or, raconte l'histoire de Gloria (Paulina Garcia), 58 ans, qui travaille et vit seule, ses enfants, adultes, ayant quitté la maison.

Pour chasser le spleen, elle enchaîne les soirées pour célibataires de son âge jusqu'à ce qu'elle rencontre Rodolfo (Sergio Hernandez). Avec cet homme, qui prétend être divorcé depuis peu et dont elle tombe amoureuse, elle va vivre des moments de joie intenses, de partage et d'amour mais aussi la déception.

Mais ce qui pourrait la faire sombrer va au contraire lui permettre d'ouvrir un nouveau chapitre.

"Gloria est comme Rocky, quand elle prend un coup elle se relève et elle continue", a dit le réalisateur devant la presse, décrivant le fil conducteur de son film comme "la vie et une poésie au quotidien, avec un équilibre entre rire et pleurs, doux et douloureux comme la Bosa Nova".

Disant s'être inspiré de la génération de sa mère et de la ville de Santiago, ce quadragénaire a souligné qu'"il y a beaucoup de Gloria dans le monde". Son film revendique "le droit de cette génération à continuer d'en profiter", un message qui "s'adresse aussi aux jeunes".

C'est "un sujet qui concerne l'humanité: la vie dure plus longtemps, quand on arrive à 60 ans la donne n'est plus la même. C'est comme un nouveau chapitre qui s'ouvre et le film en explore toutes les opportunités", a-t-il ajouté.

Plusieurs scènes d'amour physique entre les deux protagonistes sont filmées sans détours pour montrer "que des personnes âgées tombent amoureuses et font l'amour" dans "un monde très obsédé par le jeunisme".

Lelio aborde aussi les liens familiaux avec, en filigrane, les questions sociales qui agitent le Chili contemporain. "Ca fait des étincelles entre la petite histoire individuelle et les demandes collectives de changement", a-t-il dit.

Dressant elle aussi un parallèle avec son pays, Paulina Garcia, qui interprète Gloria, a décrit son personnage comme quelqu'un qui "ne s'arrête pas sur la perte mais saisit le processus de la rencontre amoureuse pour faire un voyage en elle-même décisif".

"Tous les changements intervenus dans mon pays, c'est ce que montre Gloria. On peut survivre à tous les coups et renaître de ses cendres", a-t-elle ajouté.