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Hausse de taxes municipales : des commerçants en colère

08/02/2013 08:22 EST | Actualisé 10/04/2013 05:12 EDT

Après de nombreux propriétaires, c'est maintenant au tour de plusieurs commerçants de critiquer la hausse de taxes imposée par la Ville de Québec. Des gens d'affaires du Vieux-Québec et du secteur de la Pointe-aux-Lièvres digèrent très mal l'augmentation de leur compte de taxes.

Certains d'entre eux sont aux prises avec une hausse beaucoup plus salée que celle à laquelle ils s'attendaient. Dans certains cas, on parle d'augmentation de plus de 10 000 $ pour 2013.

Éric Dussault, propriétaire de l'entreprise Freins Alco située sur la rue de la Pointe-aux-Lièvres, est en colère. Son compte de taxes a doublé depuis l'année dernière. Cela représente une hausse de 14 000 $.

M. Dussault croit que les commerçants font les frais des dépenses de la Ville. « Certainement que c'est les entreprises qui vont payer pour les dépenses de M. Labeaume. L'amphithéâtre y est sans doute pour quelque chose », lance M. Dussault.

Patricia Rolin, propriétaire de la crêperie au Petit Coin Breton ,sur la rue Saint-Jean dans le Vieux-Québec, affirme quant à elle que la hausse de son compte de taxes représente environ trois fois l'inflation. Elle ne s'attendait pas du tout à une hausse aussi importante.

Mme Rolin pense que ces augmentations vont forcer des commerçants plus jeunes et moins établis à quitter le Vieux-Québec.

Les plaintes se multiplient

De leur côté, la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, la Corporation des parcs industriels de Québec et l'Association des gens d'affaires du Faubourg disent que leur téléphone ne dérougit pas depuis la semaine dernière.

Les commerçants sont nombreux à se plaindre, confirme Alain Kirouac, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec. « On parle jusqu'à maintenant de 30 %, 35 %, 37 % d'augmentation du compte de taxes. C'est peu banal et ça peut représenter des dizaines de milliers de dollars », fait-il remarquer.

« On sait que les entreprises sont déjà taxées sur le plan des impôts provincial et fédéral. On sait que les taxes sur la masse salariale sont élevées. Maintenant, c'est le compte de taxes municipales », ajoute M. Kirouac.

La Chambre de commerce et d'industrie de Québec mène présentement un sondage auprès de ses membres pour avoir un portrait de la situation. Les résultats devraient être connus la semaine prochaine.

En fonction des résultats, des représentations pourraient être faites auprès de la Ville de Québec. L'Association des commerçants du Faubourg va également sonder ses membres.

Les commerçants aux prises avec des hausses de taxes importantes évaluent toujours s'ils les contesteront. Certains d'entre eux sont néanmoins pessimistes. C'est le cas d'Éric Dussault. Ce dernier ne croit pas en ses chances de pouvoir faire baisser son compte de taxes.

« Ça fait une semaine qu'on a eu notre compte de taxes [...] Je suis allé à la Ville, j'ai discuté avec des gens et on m'a dit qu'il n'y avait tout simplement rien à faire pour nous », raconte-t-il. M. Dussault est d'avis qu'il faudra une action concertée de l'ensemble des commerçants.

À la Ville de Québec, on rappelle que les taux de taxes ont été réduits de l'ordre de 10 % pour atténuer les répercussions des hausses d'évaluation foncière sur les entreprises.

La hausse moyenne est de 2,9 % pour le secteur commercial, selon la Ville de Québec. Si elle est différente d'un arrondissement à l'autre, ce serait surtout en raison du processus d'harmonisation à la suite des fusions municipales.

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