BIEN-ÊTRE

"The Grandmaster" de Wong Kar Wai ouvre la 63ème Berlinale

07/02/2013 01:28 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

La chasse à l'Ours d'or de la Berlinale, premier grand festival européen de cinéma de l'année, débutait jeudi soir en mode kung-fu avec "The Grandmaster" du chinois Wong Kar Wai (In the mood for love), président du jury.

Projeté hors compétition, ce biopic sur Ip Man, maître historique de la légende du cinéma asiatique Bruce Lee, donnera le coup d'envoi de onze jours (7-17 février) de festivités pendant lesquels seront projetés plus de 400 films, tous accessibles au public.

Vingt-quatre longs métrages de 22 pays ont été retenus pour la sélection officielle dont 19 sont en lice pour l'Ours d'or, les Ours d'Argent et le Grand Prix du jury décernés le 16 février.

La sélection est éclectique, alliant des films hollywoodiens à très gros budgets et des réalisations d'auteurs peu ou pas connus. On y verra notamment les derniers opus des Américains Gus van Sant et Steven Soderbergh, et trois films français portés par des icônes: Catherine Deneuve, Juliette Binoche et Isabelle Huppert.

Toutes trois sont attendues sur le tapis rouge ainsi qu'une brochette de stars: Matt Damon, Jude Law, Ethan Hawke, Julie Delpy, Nicolas Cage, Emma Stone, Geoffrey Rush, Christopher Lee.

Fidèle à sa tradition de festival engagé, la Berlinale, créée en 1951 par les Alliés comme "vitrine du monde libre" dans une ville encerclée par l'Allemagne de l'Est, accueillera également le dernier film du réalisateur iranien Jafar Panahi, "Parde" (Closed curtains), en compétition. Assigné à résidence dans son pays, Jafar Panahi a tourné sous le manteau avec Kambozia Partovi (coscénariste du Cercle, Lion d'or de la Mostra de Venise 2000).

Femmes, actualité

Les femmes sont au coeur de nombre d'histoires et de nombreux thèmes s'inscrivent dans l'actualité, comme l'homosexualité au sein de l'Église catholique ou l'exploitation de terres dérobées à des gens frappés par la crise économique.

Au programme de la première semaine: "Promised Land" de l'Américain Gus Van Sant, avec Matt Damon en commercial tentant de convaincre les habitants d'un village américain d'autoriser des forages de gaz sur leurs terres. Damon retrouve le réalisateur pour la première fois depuis 1997 et son "Will Hunting" oscarisé.

Suivront Fredrik Bond et "The Necessary death of Charlie Countryman" avec Shia LaBeouf, et "W imie" (In the name of) de la Polonaise Malgoska Szuwoska, qui aborde le thème de l'homosexualité d'un prêtre charismatique.

L'Autrichien Ulrich Seidl, sélectionné à Cannes en 2012, présente le troisième volet de sa trilogie "Paradis": l'espérance (Paradies: Hoffnung), le Russe Boris Khlebnikov "Dolgaya schastlivaya zhizn" (A long and happy life), une histoire de terres dérobées à un cowboy d'un nouveau genre et l'Allemand Thomas Arslan s'intéresse à la ruée vers l'or au Canada avec "Gold" et l'actrice Nina Hoss (Barbara).

Trois films, très attendus, défendront les couleurs de la France: "Elle s'en va" d'Emmanuelle Bercot avec Catherine Deneuve dans un rôle atypique, "Camille Claudel 1915" de Bruno Dumont avec Juliette Binoche et "La religieuse" de Guillaume Nicloux d'après le roman de Diderot avec Isabelle Huppert en mère supérieure aux côtés de la jeune Belge Pauline Étienne dans le rôle principal.

Le réalisateur danois Bille August présentera, hors compétition, "Night train to Lisbon" avec Jeremy Irons en professeur qui quitte tout pour se lancer dans une quête spirituelle.

"Dark blood", dernier film de River Phoenix, star américaine décédée d'une surdose à 23 ans, il y a 20 ans, sera lui aussi projeté hors compétition ainsi que le nouveau film des studios Dreamworks, "The Croods", sur une famille préhistorique à la découverte du monde.

Le jury est composé de l'acteur et réalisateur américain oscarisé Tim Robbins (Mystic River), des réalisatrices iranienne Shirin Neshat et grecque Athina Rachel Tsangari, de la cinéaste danoise Susanne Bier, du réalisateur allemand Andreas Dresen et de l'opératrice américaine Ellen Kuras.

En 2012, les frères Taviani ont remporté l'Ours d'or pour "César doit mourir", libre adaptation du "Jules César" de Shakespeare, interprétée par des détenus.

ls/fjb/abk