Pour emprunter une expression consacrée, si la tendance se maintient l'année 2013 pourrait bien être celle de Martin Vachon. Aperçu dans La galère l'automne dernier, où il incarnait le nouveau coup de cœur de Mimi (Brigitte Lafleur), le comédien défend maintenant le personnage de Bruce, un jeune père de famille et coureur automobile qui croule sous les responsabilités dans Mémoires vives, téléroman de Radio-Canada en ondes depuis quelques semaines.

Également humoriste, le jeune homme promène son matériel comique sur les scènes du Québec et assurera bientôt la première partie du nouveau spectacle de François Morency pendant toute la tournée de rodage de celui-ci. Gravissant un à un les échelons de sa carrière depuis sa sortie de l'École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe en 2005, l'acteur ne veut rien précipiter, mais savoure les opportunités qui s'offrent à lui.

«Je suis très gâté et très chanceux», reconnaît le principal intéressé. «Je n'ai pas beaucoup d'expérience comme comédien et, dans Mémoires vives, je joue avec une distribution incroyable: Albert Millaire, Monique Mercure, Marie-Thérèse Fortin, Gilles Renaud, Patrick Drolet... Je me lance à moi-même le défi de prouver que je ne suis pas là juste le temps d'une série et que j'ai ma place dans le milieu, que ce soit comme comédien, humoriste ou animateur. Je vais faire mon bout de chemin et travailler fort pour le démontrer. Et à la télévision, je suis privilégié, car j'ai déjà des rôles qui ont de la substance.»

Les téléspectateurs avaient fraternisé à quelques reprises avec la belle gueule de Martin Vachon grâce à ses petits rôles dans des séries comme Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Les Boys et Toute la vérité, où il a prêté ses traits à un troublant gaillard, témoin de premier plan d'un viol sordide. Il a aussi été de l'émission jeunesse VRAK la vie, à VRAK.TV. Mais c'est véritablement la publicité de CIBC, qui a abondamment roulé au petit écran dans les derniers mois et dans laquelle il jouait un futur papa soucieux de l'avenir de son fiston ou de sa fillette, qui nous l'a révélé. Plusieurs ont alors haussé les sourcils en se demandant qui était ce nouveau venu à la bouille sympathique.

«Du point de vue des agents de distribution, un changement s'est opéré lorsque la réclame a été diffusée», remarque Martin. «Les gens se sont dit que j'étais maintenant assez vieux et assez crédible pour tenir le rôle d'un papa. Tout a déboulé grâce à ça. J'ai obtenu l'audition pour La galère, puis Mémoires vives. Là, ma blonde a vu ça et m'a dit: "Il faudrait bien que tu me fasses un bébé, parce que tout le monde voit que tu es crédible en bon père de famille!" (rires)».

Le plaisir de la scène

En entrevue, Martin Vachon a la répartie vive et le rire facile. Une blague n'attend pas l'autre et il répond à toutes les questions avec une candeur et une simplicité qui l'honorent. On n'a donc aucune difficulté à le croire lorsqu'il affirme que l'un de ses plus grands plaisirs, depuis qu'il roule sa bosse professionnellement, est de monter sur les planches en tant qu'humoriste. Déjà à l'école secondaire et au cégep, l'artiste écrivait ses blagues et faisait des imitations. Aujourd'hui, celui qui se définit comme un «grand niaiseux» donne dans le stand up et l'anecdotique et se plaît à commenter l'actualité, les faits divers et la nature humaine.

«C'est un peu comme Martine à la plage, mais ça devient Martin chez le dentiste ou Martin saute en parachute», rigole la tête d'affiche. «Je suis un observateur de la vie de tous les jours. J'ai un numéro, par exemple, qui porte sur ma peur de vieillir. Je me moque un peu du fait qu'à presque 30 ans, on n'est pas encore vieux... mais moi, je me trouve vieux!»

«Faire rire un public, c'est tellement agréable», poursuit Martin. «C'est cliché, mais c'est vrai. On donne du bonheur aux gens, on les amuse, et c'est gratifiant. Le jeu, c'est autre chose. On est davantage dans l'introspection, on essaie d'aller chercher les qualités et les défauts d'une autre personne... C'est incroyable, le feeling du dramatique par rapport au comique.»

Pour vivre son dada à une cadence régulière, Martin a créé avec un ami des soirées d'humour au Pub Rosemont, à Montréal. Le rendez-vous obtient un tel succès depuis près de cinq ans que Juste pour rire y tiendra ses prochaines auditions annuelles, en vue d'y dénicher de nouveaux talents. Ces présentations auront lieu le 31 mars et le 7 et le 14 avril, et Martin y agira à titre d'hôte. Ce dernier se produit aussi dans des rassemblements corporatifs et aimerait, éventuellement, se tailler une place dans un gala Juste pour rire ou au Grand Rire de Québec. Et c'est François Morency lui-même qui lui a demandé de réchauffer les salles pendant les représentations de rodage de sa nouvelle création. Martin ignore toutefois s'il prendra part à la rentrée montréalaise de son aîné.

Un chien et du hockey

Déjà très accaparé par ses multiples occupations, Martin Vachon trouve toujours le temps de s'adonner à ses passe-temps favoris. Grand sportif, il pratique la natation et suit religieusement les prouesses du Tricolore... même si celui-ci s'active souvent en même temps que Mémoires vives!

«Le hockey, c'est sacré pour moi! Je suis un grand fan du Canadien. Je suis présentement sur la liste d'attente pour obtenir des abonnements. Si je me fie aux courriels reçus, je devrais les avoir dans neuf ans, ces billets! (rires)».

Le natif de Saint-Jean-sur-Richelieu voue aussi une grande affection à son chien, une bête «défectueuse», selon ses dires. «C'est un citron! Il a des problèmes de hanches, il n'aime pas les enfants, ni les autres chiens... Ma blonde est travailleuse autonome, elle est souvent à la maison, et je crois qu'on lui a donné trop d'amour. César, l'homme qui parle aux chiens, ne serait pas fier de nous! (rires) on l'adore. C'est un placebo en attendant d'avoir un enfant.»

Enfin, Martin Vachon rêve de décrocher un contrat au cinéma et développe des concepts de webtélé, un médium qui lui est plus accessible. Notre verbomoteur hyperactif prie en outre pour que son personnage de David soit de retour dans La galère qui, l'a-t-on appris récemment, reviendra pour une sixième saison. «Je me croise les doigts», s'enthousiasme-t-il. «Avec la fin de la dernière année, ce serait logique que je sois là au début, mais je vais laisser l'auteure, Renée-Claude Brazeau, décider de mon sort!» Rappelons que la naïve Mimi avait échangé un baiser avec cet étrange soupirant qu'on soupçonnait vivement de faire partie d'une secte. Leur romance connaîtra-t-elle une suite? C'est à voir...