QUÉBEC - Piqué au vif, Raymond Bachand a sommé jeudi Philippe Couillard de dévoiler comment il entend compenser la perte de revenu découlant de l'abolition de la contribution santé.

L'engagement récent de M. Couillard - dans l'hypothèse où il devient premier ministre du Québec - d'éliminer de manière progressive cette taxe impopulaire qui rapporte un milliard de dollars par année dans les coffres de l'État a fait bondir son adversaire dans la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ).

En entrevue à La Presse Canadienne, l'ancien ministre des Finances et «père» de la contribution santé a dit en avoir assez d'entendre M. Couillard prendre des engagements «flous» sans se donner la peine de les expliciter.

«C'est un manque de rigueur», a affirmé M. Bachand, rappelant que l'ancien ministre de la Santé n'a jamais abordé l'épineuse question de la contribution santé au cours des cinq débats tenus ces dernières semaines dans le cadre de la campagne au leadership du PLQ.

Même le Parti québécois (PQ), qui avait fait campagne en promettant la main sur le coeur de rayer la taxe de la colonne des revenus, s'est cassé les dents et a dû renier sa promesse, a relaté le député d'Outremont.

À son avis, le PQ a dû se résoudre à maintenir la cotisation de 200 $ par personne parce que l'État «a besoin du milliard de dollars qu’elle génère pour soutenir les budgets en santé».

«Si tu lances une idée comme celle-là, tu as le devoir d'être précis et de dire comment tu vas remplacer la cotisation. Il faudra attendre d'être en surplus budgétaire d'un milliard pour l'enlever et ce n'est pas demain la veille», a fait valoir M. Bachand.

Du reste, il n'y a pas que sur la contribution santé que Philippe Couillard, donné favori dans la campagne à la succession de Jean Charest, lance des idées à l'emporte-pièce, d'après son adversaire.

Par exemple, sur les droits de scolarité, Philippe Couillard propose une indexation des frais d'étude suivie d'une «évaluation rigoureuse» du niveau de sous-financement des universités.

«Comment va-t-il financer les universités et la recherche? Ce sont de grandes paroles mais il n'y a rien derrière, rien pour permettre aux militants de savoir sur quel chemin il s'engage», a dit M. Bachand.

Selon lui, Philippe Couillard entretient le même flou artistique sur la question nationale en laissant planer une reprise du débat constitutionnel sans préciser comment il entend mener ce périlleux exercice.

Or, «les gens en ont soupé des grandes déclarations d'intention où toutes les options demeurent ouvertes», a dénoncé M. Bachand.

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