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L'Épiphanie: Benoit Robert s'estime chanceux d'être sorti vivant de la carrière

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L'ÉPIPHANIE, Qc - «Je suis chanceux, je suis chanceux dans la vie. Il y en a d'autres qui n'ont pas été chanceux comme moi.»

Benoît Robert, l'opérateur de pelle mécanique qui a miraculeusement échappé à la mort, s'est brièvement adressé aux médias, mercredi, pendant que les secouristes travaillaient toujours d'arrache-pied pour tenter de retrouver les deux personnes portées disparues dans le glissement de terrain survenu la veille à L'Épiphanie, dans Lanaudière.

Les opérations avaient repris peu après 7h00, mercredi matin, afin de retrouver les conducteurs de deux camions, un homme et une femme, emportés par l'effondrement des parois de la carrière Maskimo.

Visiblement bouleversé, Benoît Robert a fait référence aux disparus à quelques reprises tout en racontant l'expérience terrifiante qu'il a vécue, alors qu'il s'apprêtait à charger un camion avec sa pelle mécanique.

«Je pensais que j'avais des troubles de vision: je voyais le sol comme instable. La fille dans le truck m'a dit: on glisse, on va mourir!», a-t-il relaté.

«Moi aussi, je me suis mis à glisser. J'ai glissé un premier palier d'environ sept à huit mètres. Je voulais sauter en bas de la pelle mais il y avait une petite avalanche devant moi. Je savais que si je sautais, je mourrais tout de suite», a expliqué l'homme.

«J'ai 'swingé' la pelle sur le côté. J'étais rendu à l'autre palier, peut-être 50 mètres (plus bas). J'ai été chanceux. J'ai mis le 'boom' (le bras de la pelle) vis-à-vis la paroi. D'après moi, c'est ce qui m'a sauvé la vie.»

M. Robert a tourné à nouveau la pelle de son lourd engin, ce qui lui a permis d'ouvrir la porte de la cabine et, une fois sorti, il est descendu à pied au fond du cratère. «Je suis allé dans la neige. Un coup que ça s'est stabilisé, je suis retourné au camion. J'ai demandé si quelqu'un était dans le camion, de faire un son ou cogner, mais je n'ai rien entendu. Absolument rien.»

Mercredi matin, les premiers efforts des sauveteurs et des maîtres-chiens ont porté sur la paroi effondrée parce qu'ils avaient constaté, la veille, que la cabine du premier camion était vide, ce qui pourrait signifier que l'opérateur a réussi à sauter à l'extérieur de son véhicule lorsque celui-ci a basculé dans le vide pour être emporté par l'éboulement.

L'autre camion devait cependant être dégagé par de l'équipement lourd pour que les sauveteurs puissent avoir accès à la cabine. Une grue géante a été amenée sur place afin de descendre une pelle mécanique dans le cratère et une pièce pour une autre excavatrice qui s'y trouvait déjà afin de dégager la cabine du deuxième camion.

Les autorités affirment que les opérations se poursuivront nuit et jour, à moins que le sol ne redevienne trop instable en raison de la météo.

En point de presse, le sergent Benoît Richard, de la Sûreté du Québec, a indiqué que les secouristes avaient été pourvus d'un équipement spécial en raison de cette menace. «Chaque personne qui descend en bas est maintenant munie d'un appareil-avertisseur en cas d'avalanche, dans l'éventualité où il y aurait un autre glissement de terrain», a-t-il expliqué.

L'espoir de retrouver les travailleurs vivants s'amenuise d'heure en heure, mais les autorités refusent d'abandonner les recherches.

«On a toujours espoir de retrouver des survivants, a déclaré Bruno Marier, du Service des incendies de Repentigny. Il y a un autre camion qui est enseveli sous la boue, alors on a peut-être la chance de retrouver quelqu'un à l'intérieur. Avec l'équipement qu'on a en bas, on va être en mesure de gratter autour, de se rapprocher du véhicule et de faire des vérifications à l'intérieur.»

Outre les sauveteurs, des géologues, des spécialistes en glissements de terrain, des représentants de la Commission de santé et sécurité au travail (CSST), des pompiers et d'autres responsables sont aussi sur les lieux de la catastrophe. Le sergent Richard a estimé qu'au moins 60 spécialistes avaient été mobilisées pour venir en aide aux disparus.

Des membres des familles des personnes manquantes sont également sur place afin d'assister aux opérations. Du support psychologique leur a été offert.

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, s'est rendu sur les lieux du drame, mercredi après-midi. «Il n'y a pas de moment prévu pour arrêter les recherches, a-t-il confirmé. L'important, c'est de retrouver les personnes disparues.»

Le chef caquiste François Legault, qui est député de la circonscription où se trouve la carrière, s'est également rendu sur place mercredi.

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