CINÉMA - Pour souligner l'importance du Lincoln de Steven Spielberg qui sort en France le mercredi 30 janvier, il faut savoir que le président Barack Obama a eu le droit à une projection privée à la Maison Blanche. Élu de l'Illinois, l'État d'origine d'Abraham Lincoln, l'actuel président des États-Unis professe de longue date une admiration pour son prédécesseur.

Le cinéaste américain Steven Spielberg livre avec ce biopic un film ambitieux sur l'abolition de l'esclavage aux États-Unis et un portrait intimiste du 16e président américain, incarné de façon saisissante par Daniel Day-Lewis. Le réalisateur caressait depuis plus d'une décennie l'idée d'un film sur la figure d'Abe, sans doute le président le plus révéré de l'histoire américaine, mort assassiné en avril 1865.

"J'ai toujours eu une fascination personnelle pour le mythe d'Abraham Lincoln", déclarait le cinéaste lors d'une conférence de presse à Los Angeles, tout en regrettant que le personnage soit parfois "réduit à une sorte de stéréotype culturel national".

Étonnamment, le cinéma ne s'était pas intéressé au personnage depuis 1939 et le film Vers sa destinée() de John Ford, dans lequel Henry Fonda incarnait Lincoln. Il est visible en intégralité ci-dessous:

Young Mr Lincoln:

Un biopic ciblé

Pour son film, Steven Spielberg avait décidé d'emblée de ne pas se lancer dans une biographie embrassant toute la vie de l'homme d'État républicain. "Nous aurions été des dilettantes, autant le réalisateur que les acteurs", explique le cinéaste aux trois Oscars. "Nous aurions seulement traité les moments forts de sa vie, les grandes lignes, sans pouvoir donner aucun sens de la profondeur de cet homme."

Avec la complicité du scénariste et dramaturge Tony Kushner, Spielberg a donc décidé de se concentrer sur les derniers mois de la vie du président et ses efforts pour faire voter l'abolition de l'esclavage, alors que la guerre civile faisait encore rage dans le pays.

"Lincoln a eu une vie intérieure à la fois très compliquée et très saine. Il pensait tout haut et considérait longuement les choses avant de prendre une décision. D'ailleurs ses opposants et ses ennemis le critiquaient à ce sujet", témoignait le réalisateur à Entertainment Weekly.

Le résultat est un film au format intimiste, assez unique dans la filmographie de Steven Spielberg. Tourné essentiellement en intérieurs, sans grandes scènes spectaculaires. Hormis un champ de bataille en ouverture, le drame se joue avant tout dans les dialogues et l'interprétation d'une distribution trois étoiles, où l'on trouve notamment Tommy Lee Jones, Sally Field et Joseph Gordon-Levitt.

Un acteur engagé

Lincoln bénéficie de l'incarnation saisissante de l'acteur britannique Daniel Day-Lewis, qui le place d'emblée parmi les favoris pour les prochains Oscars (12 nominations au total) après avoir déjà remporté deux statuettes pour My Left Foot (1989) et There Will Be Blood (2008) et le Golden Globe du meilleur acteur dramatique le 14 janvier dernier.

L'acteur, notoirement très exigeant à l'heure de choisir ses rôles, a longtemps hésité avant d'accepter le rôle "d'un homme dont la vie a été à ce point mythologisée qu'il y a un risque de ne pouvoir s'en approcher pour la représenter correctement".

"La dernière chose que je voulais était salir irrévocablement la réputation du plus grand président qu'ait connu l'Amérique", expliquait Day-Lewis lors de la conférence de presse. "Il a été dur à convaincre", confirme Steven Spielberg. "Mais s'il avait finalement dit non, je n'aurais pas fait le film".

Le discours de Lincoln:

Politique

En 2011, le cinéaste avait insisté sur le fait que le film ne sortirait pas avant la fin de l'élection présidentielle parce qu'il ne voulait pas qu'il soit "récupéré politiquement". Une décision qui n'a pas empêché le service marketing de la Fox de sortir l'artillerie lourde avec un trailer et une opération séduction menée en parallèle aux débats entre Obama et Romney.

L'ancien président américain Bill Clinton est même apparu pendant la cérémonie des Golden Globes pour rendre hommage à son illustre prédécesseur:

"Le président Lincoln nous rappelle que le progrès durable est forgé dans un chaudron fait à la fois de principes et de compromis. Ce film merveilleux nous montre comment il y est parvenu et comment nous pouvons encore le faire. Je salue la détermination d'acier et le sens du compromis que Lincoln a parfaitement réussi à combiner pour préserver notre pays et mettre fin à l'esclavage."

Découvrez quelques présidents américains au cinéma:

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  • Mars Attacks (1996)

    Jack Nicholson incarne un président confronté à une invasion extra-terrestre d'abord pacifique puis en fait non plutôt belliqueuse. Et ce malgré un discours consensuel à faire pâlir les Nations Unies.

  • Abraham Lincoln: Vampire Hunter (2012)

    Abraham Lincoln, chasseur de vampires. C'est un monde presque parallèle ou les goules contrôlent le sud des États-Unis et profitent de l'esclavage pour se nourrir. Abe décide de régler tout ça à coup de hache.

  • Nixon (1995)

    Oliver Stone se plonge dans les liens entre Richard Nixon (Anthony Hopkins) et le directeur de la CIA, Richard Helms.

  • Deep Impact (1998)

    Morgan Freeman doit sauver l'humanité d'une comète qui menace de détruire la terre. Heureusement, le POTUS peut compter sur l'amitié entre les peuples et quelques braves héros pour l'aider dans sa tache.

  • À la Maison Blanche

    Et si Josiah Bartlet interprété par Martin Sheen était le plus "badass" de tous les présidents? À voir comme il mouche pendant 7 saisons ses opposants, on est tenté de le croire.

  • W (2008)

    Biopic sur George W. Bush fils réalisé par Oliver Stone avec l'excellent Josh Brolin en texan un peu idiot capable de s'étrangler avec un bretzel.

  • 24 Heures Chrono

    David Palmer, le premier président afro-américain des États-Unis passe son mandat à: 1/ tenter d'éviter qu'une bombe atomique n'explose dans Los Angeles 2/ pardonner les exactions commises par Jack Bauer pour y arriver.

  • Air Force One (1997)

    Six terroristes kazakhs s'emparent de l'avion d'Harrison Ford qui décide de reconquérir le cockpit à coup de ce qu'on peut appeler "la diplomatie de la fourchette". De toute manière, les États-Unis ne négocient jamais avec des terroristes.

  • Independence Day (1996)

    Incarné par Bill Pullman, le président des USA donne un discours particulièrement poignant avant de s'envoler à bord d'un F16 pour tenter de botter le cul à des martiens.

  • Night at the Museum (2006)

    Un petit rôle pour Robin Williams dans la peau de Theodore Roosevelt.

Et les meilleurs détournements de l'affiche du film Abraham Lincoln: chasseur de vampires:

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