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Les témoignages de favoritisme dans un centre de dépistage albertain troublent la classe politique

17/01/2013 10:38 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

Le témoignage du directeur du centre de dépistage du cancer du colon Forzani & MacPhail de Calgary mercredi à la Commission d'enquête sur le favoritisme dans le système de santé de l'Alberta a agité des eaux déjà fortement remuées.

Des employés du centre ont témoigné avant lui de cas de traitement de faveur accordés aux patients que leur transférait la clinique privée Helios Health & Wellness, pour un examen du colon.

À la lumière de ces révélations, le ministre de la Santé Fred Horne a exprimé sa surprise et sa préoccupation, mais la réaction la plus forte est venue de l'opposition.

D'un côté, la députée néo-démorate provinciale Rachel Notley a estimé que les dirigeants et les médecins de la clinique Helios et d'autres cliniques privées devraient être appelés à témoigner devant la commission.

Elle croit que les plus récents témoignages révèlent l'existence d'un enjeu beaucoup plus grand, celui de l'accès privilégié au système de santé public qu'ont eu des patients issus d'établissements privés.

D'un autre côté, les révélations d'employés du centre Forzani & MacPhail ont convaincu le député libéral provincial David Swann de réclamer une enquête élargie sur le fonctionnement du système de santé de l'Alberta. M. Swann a même déclaré ne pas attendre grand-chose de la commission Vertes.

Un dossier « de routine » qui devient « urgent »

Le directeur du centre Forzani & MacPhail, Alaa Rostom a tout d'abord affirmé à l'avocate de la commission Vertes qu'il n'avait jamais entendu parler de traitement de faveur dans son établissement public.

Cependant, quand l'avocate lui a montré le dossier d'un patient transféré de la clinique Helios, et dont le statut avait été modifié pour passer de « de routine » à « urgent », M. Rostom a dû avouer que rien ne justifiait ce changement d'un point de vue médical.

En outre, des employés de la clinique Helios ont aussi envoyé deux caisses de vin à l'établissement public en décembre 2010. M. Rostom a assuré que ces caisses ont été retournées à leur expéditeur.

En mars dernier, le directeur a aussi reçu l'appel d'un de ses supérieurs le questionnant sur des rumeurs voulant qu'un de ses collègues, le Dr Ron Bridges, donnait priorité à ses patients, sans tenir compte de la liste d'attente de la clinique privée.

M. Rostrom a déclaré à la commission qu'à la suite de l'appel, il n'a pas interrogé le Dr Bridges. Il a seulement envoyé un courriel aux employés de la clinique leur demandant de cesser ce genre de pratiques, si elles existaient.

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