DIVERTISSEMENT

Deux Québécois réaliseront une adaptation cinématographique de la BD Philémon

17/01/2013 10:31 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT
Dargaud

PARIS - Le producteur Roger Frappier vient de réussir un gros coup: il a convaincu Fred, un des derniers monstres sacrés de la bande dessinée française, de le laisser porter au grand écran, en 3D, l’ensemble des aventures de Philémon.

Le contrat d’adaptation de ce monument graphique et poétique a été signé mercredi soir à Paris avec les éditions Dargaud. Jeudi après midi, le patron de Max Films, flanqué de Fred (aujourd’hui âgé de 82 ans), présentait le projet à un groupe de journalistes québécois, venus de Montréal pour la quasi-totalité d’entre eux.

Le projet est extrêmement «ambitieux», reconnaît Roger Frappier, qui compte s’allier à des coproducteurs français et américains. Les 16 albums de Philémon seront réunis au sein d’une trilogie signée par Julien Demers-Arsenault et Sébastien Denault, deux jeunes réalisateurs québécois.

Le premier volet devrait sortir dans deux ans, à temps pour les 50 ans de Philémon. Tout sera tourné en anglais, «étant donné l’importance du budget» et pour toucher le marché international, explique M. Frappier.

Jusqu’ici Fred avait toujours refusé les propositions d’adaptation de Philémon. «Quand je demandais à voir, c’était assez quelconque, pour ne pas dire médiocre», a dit le dessinateur. La maquette en 3D et les dessins que lui ont soumis les jeunes Québécois sont venus à bout de toutes ses réticences.

«Ils ont compris l’émotion, ils ont compris que je travaille avec le cœur. J’étais vraiment content et j’ai dit 'Il faut y aller'», a raconté Fred, impressionné par la 3D.

«Ça a été une grande émotion. C’est impressionnant de voir son univers prendre vie», a-t-il ajouté.

Julien Demers-Arsenault et Sébastien Denault se lanceront dès lundi, à Montréal, dans l’écriture de Philémon. Citant en modèle les univers de Tim Burton ou de Terry Gilliam, ils évoquent un film en «live action» avec de «vrais acteurs et de vrais décors». Maquettes, marionnettes, «stop motion» (image par image): ils comptent faire appel à toutes les techniques imaginables puis utiliser la 3D pour donner de la chair et de la matière à l’ensemble.

«Nous voulons rendre Philémon très organique», résument les réalisateurs, trop heureux que Fred leur ait «confié les clés du Temple». L’auteur, pour sa part, entend bien garder un droit de regard sur la création, mais il assure avoir une «confiance totale» pour la suite de l’aventure.

Philémon est un adolescent rêveur qui vit des aventures extraordinaires sur des îles formées par les lettres de l'Océan Atlantique, telles qu’elles apparaissent sur les mappemondes. Ce monde est éclairé par deux soleils et deux lunes, on y croise des bateaux bouteilles, des baleines galères, des zèbres prisons, des Manu-manu et des Critiques aquatiques qui assassinent des pièces jouées dans des Vaisseaux théâtres...

Le personnage est né en 1965 dans les pages du journal Pilote. Du «Naufragé du A», au «Diable du peintre» en passant par le «Voyage de l’incrédule», Fred lui a consacré 15 albums entre 1965 et 1987. Un 16e tome, «Le Train où vont les choses», paraîtra le mois prochain chez Dargaud, après un silence de 26 ans.