Place au cinéma... Cette semaine, on surveille la sortie du film Sur la route (On the Road), tiré du célèbre roman de Jack Kerouac.

Loading Slideshow...
  • Sur la route (On The Road)

    États-Unis. 2011. 124 min. Drame de moeurs de Walter Salles avec Sam Riley, Garrett Hedlund, Kristen Stewart, Tom Sturridge, Amy Adams, Danny Morgan, Alice Braga, Viggo Mortensen, Kirsten Dunst. New York, 1949. Sal Paradise, aspirant écrivain vivant dans le Queens avec sa mère canadienne-française, se lie d'amitié avec Dean Moriarty, un ex-détenu au charme irrésistible, nouvellement marié à une fille de seize ans à peine, Marylou. Centre magnétique d'un petit groupe d'intellectuels new-yorkais portés sur la création et l'alcool, la drogue et les nuits blanches, l'ancien taulard devient pour Sal un modèle. Lorsque Dean prend la route pour Denver avec leur ami Carlo, secrètement amoureux de lui, Sal retourne à sa routine. Mais quelques semaines plus tard, une lettre l'invite à les rejoindre. C'est le début pour lui d'une série d'allers et retours à travers le pays qui, durant les années suivantes le conduiront du lit de Marylou à la Louisiane, de San Francisco au Mexique, en compagnie ou en direction de Dean, véritable muse du roman ou du recueil de poésie dont Sal couche les idées et les strophes dans ses carnets de notes. Le roman-phare de la «Beat Generation», tissé de digressions et de réminiscences, sert de canevas à un exercice de cinéma pareillement elliptique, un peu chargé et artificiel, qui trouve néanmoins son équilibre et son souffle dans la narration et la composition presque effacée de Sam Riley, en alter ego de Jack Kerouac.

  • Le dernier combat (Last Stand, The)

    États-Unis. 2013. 107 min. Drame policier de Kim Jee-woon avec Arnold Schwarzenegger, Eduardo Noriega, Forest Whitaker, Jaimie Alexander, Peter Stormare, Luis Guzman, Johnny Knoxville, Rodrigo Santoro, Zach Gilford. Avec l'aide de ses complices lourdement armés, Gabriel Cortez, dangereux baron de la drogue mexicain, s'évade durant son transfert et s'enfuit à bord d'une corvette modifiée pouvant atteindre la vitesse de 326 km/h. Le criminel ayant pris en otage une agente du FBI, le supérieur de cette dernière, John Bannister, cherche le moyen de neutraliser le véhicule sans blesser la jeune femme. Réalisant que Cortez, qui les a semés aux environs de Las Vegas, se dirige vers une petite ville de l'Arizona à la frontière du Mexique, Bannister alerte le shérif de l'endroit, Ray Owens. Ex-membre de l'escouade des narcotiques à Los Angeles, ce dernier s'était établi dans ce coin paisible pour y terminer sa carrière, après une opération policière ratée qui a eu des conséquences tragiques. Forcé de reprendre les armes, Owens s'apprête à affronter Cortez et ses hommes, avec son équipe disparate mais courageuse et pleine de ressources. Pour son retour dans un premier rôle au cinéma, l'ex-gouverneur Arnold Schwarzenegger a opté pour un déroutant et inégal cocktail de polar, de western et de comédie, réalisé avec énergie par le Coréen Kim Jee-woon (The Good, The Bad and The Weird). Mauvais acteur comme jamais, la vedette vieillissante fait encore illusion dans les scènes d'action.

  • Emprise sur la ville

    États-Unis. 2013. 109 min. Thriller de Allen Hughes avec Mark Wahlberg, Russell Crowe, Catherine Zeta-Jones, Natalie Martinez, Jeffrey Wright, Kyle Chandler. Il y a quelques années, une faute professionnelle tragique a forcé Billy Taggart à quitter les forces de police de New York. Depuis, il a ouvert son agence de détective privé, qui croule aujourd'hui sous les dettes par la faute de clients insolvables. Mais une nouvelle affaire pourrait le remettre sur pied. En effet, le maire de New York, préoccupé par sa future réélection, engage Billy afin qu'il prenne en filature son épouse, qu'il soupçonne d'infidélité. L'enquête de ce dernier semble confirmer les doutes de son client, qui le paie grassement. Mais peu de temps avant la fin de son mandat, l'affaire prend un tour sanglant. Plongé malgré lui dans un vaste complot, Billy décide de faire la lumière, et par la même occasion de se venger de ceux qui autrefois ont provoqué sa disgrâce. Le coréalisateur de Meance II Society et Book of Eli tient seul la barre de ce thriller alambiqué. Certains revirements surprennent, mais la mécanique à vue et la tension mal soutenue desservent le sujet d'une brûlante actualité: la corruption de l'appareil politique. En revanche, l'interprétation vigoureuse des deux vedettes masculines est à signaler.

  • Cornouaille

    France. 2012. 96 min. Drame de Anne Le Ny avec Vanessa Paradis, Samuel Le Bihan, Jonathan Zaccaï, Laurent Stocker, Martin Jobert, Catherine Vinatier, Aurore Clément. Entre l'agence de voyages dont elle est propriétaire et son amant marié, Odile ne sait plus où donner de la tête. Une trêve inespérée s'offre à elle lorsque sa tante lui lègue sa vieille maison en Bretagne. Tandis qu'elle finalise la succession, les souvenirs l'assaillent. En particulier celui de son père, mort d'une crise d'asthme dans cette maison alors qu'elle n'avait que 12 ans. Mais Odile est aussi troublée par la visite insolite d'un jeune homme, Loïc Le Pavec, qui prétend être un ami d'enfance et son premier amoureux. Or, la jeune femme, qui vient en outre de découvrir qu'elle était enceinte, n'a aucun souvenir de lui. Les légendes celtiques avec fantômes et lutins virevoltants, que lui raconte avec passion le fils de sa nouvelle voisine, ne font rien pour apaiser son anxiété. Anne Le Ny (Les invités de mon père) signe avec ce troisième long métrage une ode à la beauté sauvage et inquiétante de sa Bretagne natale. Tirant avantage des paysages et des mythes celtiques, la cinéaste forge un climat d'angoisse prenant, atténué parfois par des développements un peu artificiels. Vanessa Paradis est cela dit impeccable.

  • Mama

    Espagne. 2013. 101 min. Drame d'horreur de Andres Muschietti avec Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier, Isabelle Nélisse, Daniel Kash, Jane Moffat, Julia Chantrey. À la suite d'un drame familial qui a causé la mort de leurs parents, les petites Victoria et Lilly trouvent refuge dans un chalet en ruines, perdu au fond des bois. Après cinq années de recherches, leur oncle Lucas et sa compagne Annabel retrouvent enfin les deux soeurs, réduites pratiquement à l'état sauvage. S'ensuivent des examens psychiatriques et une bataille judiciaire, au terme de laquelle le couple obtient la garde des fillettes. Mais le mystère persiste quant à la manière dont elles ont survécu pendant toutes ces années. Leur curieuse complicité avec un être invisible qu'elles surnomment Mama avive les inquiétudes. Annabel, au départ très réticente à l'idée de recueillir ces fillettes étranges, est de plus en plus convaincue qu'un esprit maléfique s'est installé dans leur demeure. Grâce à Guillermo Del Toro (Pan's Labyrinth), Andres Muschietti signe ici une variation plus étoffée et ambitieuse de son court métrage éponyme de 2008. Résultat: une angoissante variation sur des motifs connus (enfants disparus, fantômes apparus), réalisée avec une relative économie de moyens maximisée par de judicieux effets spéciaux et de bons interprètes.

  • Le quatuor

    États-Unis. 2012. 98 min. Comédie dramatique de Dustin Hoffman avec Maggie Smith, Tom Courtenay, Billy Connolly, Pauline Collins, Michael Gambon, Sheridan Smith. Beecham House, domaine de la campagne anglaise réservé aux musiciens rétraités, accueille une résidente de marque, la diva Jean Horton. Apprenant avec colère la nouvelle, le ténor Reggie Paget prend tous les moyens pour éviter celle qui, quinze ans plus tôt, l'a trompé avec un autre quelques heures à peine après leur mariage. Exprimant un repentir sincère, Jean parvient toutefois à amadouer Reggie, au grand plaisir du séducteur et impertinent Wilf Bond et de la distraite, quasi démente Cissy Robson, avec qui ils formaient jadis un quatuor fameux. D'ailleurs, la présence de Jean donne à Cedric Levingston, l'autoritaire directeur artistique de Beecham, une idée prometteuse pour sortir la résidence de son gouffre financier: ajouter au programme du prochain spectacle bénéfice annuel le quatuor du Rigoletto de Verdi, l'un des plus grands succès des quatre chanteurs. Or, la prima donna, qui n'a plus la voix de sa jeunesse, se fait tirer l'oreille. À 75 ans, Dustin Hoffman (Rain Man) passe derrière la caméra avec cette adaptation sage et soignée d'une pièce de Ronald Harwood (The Pianist), qui rend justement hommage aux anciennes gloires de la scène artistique anglaise, représentées ici par une distribution éclatante. Bien que mince et superficiel, le récit s'avère attachant et inspirant.

  • The World Before Her

    Canada. 2012. 95 min. Documentaire de Nisha Pahuja. Tandis qu'à Bombay, vingt candidates convoitent la couronne de Miss India, dans une autre région du pays, leurs compatriotes féminines appartenant à un mouvement fondamentaliste hindou luttent contre l'occidentalisation de l'Inde.