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Sous-financement des universités de 850 M$: le ministre Duchesne ouvert au débat

15/01/2013 12:21 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, dit recevoir favorablement tout rapport qui permet de stimuler la discussion sur l'avenir des universités, incluant le rapport que vient de dévoiler la CREPUQ qui fait état d'un sous-financement de 850 millions $.

De passage à Montréal, mardi, pour participer au lancement des rendez-vous culturels du milieu collégial, dont Cégeps en spectacle, le ministre Duchesne s'est dit ouvert à discuter de ce rapport avec la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ). Et il entend bien poser des questions sur les chiffres dévoilés.

Dans son rapport publié mardi, la CREPUQ fait état d'un «écart défavorable» de 850 millions $ pour l'année scolaire 2009-2010 lorsqu'elle compare le financement du fonctionnement des universités québécoises au financement des universités des autres provinces.

Cette somme représente 24 pour cent du budget de fonctionnement des universités ou un écart de 4000 $ par étudiant à temps complet, soutient la CREPUQ.

«Que la CREPUQ amène une nouvelle étude, mise à jour, on reçoit bien ça. Maintenant, il y a un débat, là, qui s'engage autour des études. Et on va voir, on va en faire l'analyse, on va voir comment ils en arrivent à ce chiffre-là, parce que vous conviendrez que lorsqu'on en arrive à un chiffre semblable, il y a des conséquences», a commenté le ministre Duchesne.

Alors que le Sommet sur l'enseignement supérieur doit se tenir prochainement, et que l'on en est à l'étape des rencontres préparatoires, le ministre a lancé une invitation générale à y participer, dans le respect de tous et de tous les points de vue.

Il a par ailleurs déploré le fait que certains évoquent un boycott du sommet, à l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), le plus radical des regroupements d'associations étudiantes. L'ASSÉ prône la gratuité scolaire à l'université et ne se contente pas d'un gel des droits de scolarité.

«On me dit qu'il y a des demandes de boycott chez certains membres de l'ASSÉ... Écoutez, eux ils se sont battus fort pour rester parmi les gens qui rencontraient le gouvernement (lors de la grève étudiante), qui voulaient participer à la négociation, l'année dernière. Et il y avait un gouvernement qui voulait les exclure. Nous, on n'est pas dans l'exclusion. Alors s'ils prennent la décision d'aller vers un boycott, ils s'excluent eux-mêmes. Et moi je pense que la politique de la chaise vide, je ne suis pas sûr que c'est la bonne attitude», a commenté le ministre Duchesne.

Il a invité toutes les parties intéressées à venir s'exprimer, mais aussi à écouter lors du sommet et à poser des questions.

«On peut avoir des idées très différentes dans une société, une vision idéologique, même, qui est différente des autres, mais la meilleure façon de faire avancer nos idées, c'est de participer au débat», a-t-il rappelé.

À la CREPUQ, on maintient que ce chiffre de 850 millions $ est même «conservateur», puisqu'il ne tient pas compte de la compression de 124 millions $ que les universités québécoises doivent faire d'ici la fin du présent exercice budgétaire.

«La prévision que je peux vous faire, c'est que dans cinq ans, si on ne fait rien, ça va dépasser le milliard. C'est assez évident. À terme, ceci menace la compétitivité des universités et ça menace le développement économique et social du Québec», a opiné en entrevue Michel Patry, membre du comité exécutif de la CREPUQ et directeur des Hautes Études commerciales (HÉC) de Montréal.