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Poussière rouge : la demande de recours collectif est déposée

15/01/2013 01:12 EST | Actualisé 16/03/2013 05:12 EDT

La citoyenne du Vieux-Limoilou qui a alerté les autorités sur l'épisode de poussière rouge dans son quartier en octobre dernier poursuit sa croisade. Véronique Lalande a déposé une requête en Cour supérieure pour exercer un recours collectif contre Arrimage Québec et l'Administration portuaire du Québec au nom de tous les résidants incommodés.

Véronique Lalande réclame un dédommagement pour les inconvénients causés par le nuage de poussière rougeâtre qui s'est répandu dans son quartier le 26 octobre dernier après la manutention de minerai de fer dans une entreprise de la compagnie Arrimage Québec, située au port.

La citoyenne de 39 ans dit avoir subi beaucoup d'inquiétude pendant 72 heures, alors que personne ne connaissait la nature et la toxicité de la fameuse poussière. « On a eu des dommages. On doit faire nettoyer la maison au complet, on a perdu des items à l'extérieur, on a dû faire nettoyer les voitures. Et on a vécu du stress. Ils ont dit seulement 72 heures après que c'était de l'oxyde de fer. Nous, on en avait respiré, notre bébé en avait ingéré », déplore Véronique Lalande.

La compagnie Arrimage Québec a reconnu sa responsabilité dans l'incident. Elle dit avoir investi 7 millions $ pour mieux contrôler ses poussières. L'entreprise a même offert un dédommagement à Mme Lalande et à quelques autres citoyens qui l'avaient contacté. Un chèque que Véronique Lalande a refusé. « On s'est fait offrir quelque chose, mais dans la manière et dans le montant, on a été tellement choqué qu'on a dit non. »

La demande de recours collectif vise environ 50 000 résidents d'un vaste périmètre qui touche le Vieux-Limoilou, Saint-Roch, Saint-Sacrement et le secteur des Maizerets.

Mme Lalande réclame personnellement une somme de 5 000 $ en compensation des dommages subis et une somme à être déterminée pour les autres résidents.

Une poussière toxique ou non?

Véronique Lalande avait alerté les autorités lorsqu'elle a remarqué la présence de particules rouges. La citoyenne a aussi fait analyser des échantillons prélevés sur sa résidence dans un laboratoire privé, Agat Laboratoires. Ces tests ont révélé des taux de concentration importants de certains métaux, comme l'arsenic, le cuivre, le plomb, le zinc et le nickel.

Mais ces résultats ont été contredits par d'autres analyses réalisées pour le compte d'Arrimage Québec sur des échantillons recueillis par le ministère de l'Environnement, directement au port de Québec. Ces tests ont révélé des concentrations de métaux qui respectent les normes.

En novembre, la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale a indiqué qu'elle poussera plus loin les analyses.

La requête a été déposée à Montréal lundi. Il s'agit d'une action en responsabilité civile pour trouble de voisinage.

La cause doit être entendue en Cour supérieure, le 21 février prochain, au palais de justice de Québec.

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