POLITIQUE

Forage pétrolier à Gaspé: Québec rencontrera la Ville et Pétrolia

15/01/2013 02:53 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT
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QUÉBEC - Trois ministres du gouvernement Marois ont assuré, mardi, qu'ils plongeront dès cette semaine dans la mêlée opposant la Ville de Gaspé et la société Pétrolia, à la suite de la décision de la municipalité de bloquer ses activités de forage pétrolier.

Dans un communiqué, les trois représentants ne se sont pas prononcés sur le fond de la question, affirmant toutefois qu'ils rencontreront prochainement des représentants de l'entreprise et de la municipalité de la péninsule gaspésienne, qui compte 15 000 habitants.

En entrevue à La Presse Canadienne, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a refusé de se prononcer sur la démarche de la municipalité, qui a voté en décembre un règlement pour protéger ses ressources en eau potable contre les activités d'exploration pétrolière.

«Je ne peux pas répondre à la question dans ce contexte-ci parce que ça m'amène à me positionner sur la validité du règlement, ce que je ne ferai pas aujourd'hui, parce que je n'ai pas l'ensemble des avis et qu'il y a plusieurs lois qui sont concernées par le règlement de la Ville de Gaspé», a-t-elle dit.

Le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, a cependant constaté qu'en raison de la préséance de la Loi sur les mines sur les pouvoirs d'aménagements municipaux, rien n'empêche l'entreprise d'aller de l'avant avec son projet.

M. Généreux a déclaré lors d'une entrevue que Gaspé «peut compter sur notre solidarité» dans ce dossier.

«Légalement, Pétrolia, de ce que j'en comprends, pourrait aller de l'avant avec son projet sans autre forme, sauf qu'on voit le débat que ça suscite et pour cause, a-t-il dit. Je pense que Gaspé a tout à fait raison de rappeler que dorénavant on souhaite faire du développement minier ou pétrolier en tenant compte des préoccupations municipales.»

Selon M. Généreux, cette situation illustre la nécessité d'aller de l'avant avec la refonte de la Loi sur les mines, une démarche qui a échoué à deux reprises au cours des dernières années.

Le président de la FQM a d'ailleurs rappelé que le plus récent projet de loi pour réformer le régime prévoyait notamment de doter les municipalités des pouvoirs de bloquer un projet minier sur son territoire.

Alors que Pétrolia (TSX:PEA) s'apprêtait à amorcer au cours des prochains jours ses activités d'exploration et le forage du puits Haldimand 4, l'entreprise a vu ses plans contrecarrés par les dispositions adoptées par le maire de Gaspé, François Roussy, en décembre.

Mme Ouellet rencontrera les représentants de Pétrolia «fort probablement cette semaine», tandis que ses collègues, le ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet et le ministre délégué aux Régions et responsable de la Gaspésie, Gaétan Lelièvre, en feront autant avec les élus municipaux.

Dans le communiqué, diffusé en toute fin de journée alors qu'il avait été annoncé en matinée, M. Blanchet s'est limité à dire que «force est de constater qu’il reste des points à éclaircir pour la Ville de Gaspé dans le cas du puits Haldimand 4».

Lundi, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) a demandé au gouvernement d'intervenir auprès de Gaspé pour faire en sorte que le projet de forage de la firme Pétrolia puisse aller de l'avant.

En entrevue, le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Éric Forest, a aussi offert son soutien au maire de Gaspé.

M. Forest a déclaré que les maires ont toute la légitimité de vouloir protéger leurs ressources en eau potable et que les entreprises minières doivent tenir compte de l'opposition des communautés envers leurs projets lorsque c'est le cas.

«Tout en étant, et Gaspé l'a exprimé par résolution, favorable à l'exploitation de l'industrie minière, et dans ce cas d'hydrocarbures, il reste qu'il y a une responsabilité première: c'est d'assurer la protection et la pérennité des sources d'eau potable, a-t-il dit. Pour nous, il est clair que c'est pertinent le geste que Gaspé a posé.»

De son côté, Pétrolia, qui détient depuis juin des permis d'exploration pour le forage du puits Haldimand 4, s'est refusée à tout commentaire.

Le député libéral Raymond Bachand, aspirant à la direction du Parti libéral du Québec, a affirmé que la première ministre Pauline Marois, qui s'est prononcée en faveur de l’exploitation pétrolière en Gaspésie, doit clarifier sa position à la lumière des développements à Gaspé.

«Lorsqu’un permis gouvernemental valide est émis, il est de la responsabilité d’un gouvernement de respecter sa part de l’entente, a-t-il dit dans un communiqué. Sinon, quel signal envoie-t-on aux potentiels investisseurs? On ne peut pas laisser un tel flou et une telle improvisation dans le développement pétrolier au Québec.»

À la Bourse de Toronto, mardi, le titre de Pétrolia a perdu 0,02 $, pour clôturer à 0,99 $.

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