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Sri Lanka: Ottawa critique la destitution de la juge en chef

14/01/2013 02:46 EST | Actualisé 15/03/2013 05:12 EDT

Le Canada a condamné dimanche la destitution du juge en chef du Sri Lanka, affirmant que cette manoeuvre semble avoir manqué de transparence.

Par voie de communiqué, le premier ministre Stephen Harper a indiqué qu'il compte soulever cet enjeu devant les Nations Unies et le Commonwealth, dont fait partie de Sri Lanka.

M. Harper reproche au président sri-lankais Mahinda Rajapaksa de « ne pas respecter les exigences propres à une procédure régulière et à un procès équitable. » Il ajoute que le gouvernement canadien s'inquiète toujours de la situation des droits de la personne au Sri Lanka et du « déficit démocratique » du pays.

Une juge controversée

La présidente de la Cour suprême sri-lankaise, Shirani Bandaranayake, a été démise de ses fonctions samedi dernier. Une procédure de destitution a été lancée en novembre après que le juge eut pris plusieurs décisions déplaisant au gouvernement.

Quelques semaines plus tôt, elle avait barré la route à un projet de loi qui aurait donné plus de pouvoir au ministre du Développement économique, qui est le frère du président. La juge Bandaranayake avait notamment été accusée d'avoir bafoué la Consitution.

Plusieurs organisations et gouvernements occidentaux avaient appelé le président Rajapaksa à revenir sur sa décision pour ne pas risquer de plonger le pays dans une crise constitutionnelle.

Ottawa contre Colombo

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement Harper s'en prend au Sri Lanka. Il y a quelques jours, le ministre canadien de l'Immigration, Jason Kenney, avait rappelé que le pays faisait l'objet « d'une surveillance étroite en ce qui a trait à son respect des valeurs et des principes du Commonwealth ». Le pays doit être l'hôte de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth, plus tard en 2013.

Le Canada a maintes fois menacé de ne pas s'y rendre en raison de l'état des droits de la personne. Il reproche à Colombo de ne pas avoir enquêté sur les accusations de crimes de guerre commis notamment contre des civils lors de l'assaut final contre les Tigres de libération tamouls, en 2009.

Le gouvernement canadien estime aussi que le Sri Lanka n'a pas fait assez d'efforts pour assurer la réconciliation des différentes factions à la suite du conflit.

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