POLITIQUE

L'enquête du coroner sur la mort de la détenue Ashley Smith commence lundi

13/01/2013 02:01 EST | Actualisé 15/03/2013 05:12 EDT
CBC

TORONTO - Le commissaire du Service correctionnel du Canada, Don Head, a tenté de remonter le moral des gardiens de prison après le dévoilement de vidéos de surveillance montrant des agents en train de droguer la jeune détenue, qui est finalement morte pendant sa détention.

Dans un mémo interne envoyé à ses employés, qui sont choisis par de hautes autorités gouvernementales, M. Head a admis que le traitement de la jeune Ashley Smith avait été au-dessous des normes, et il a précisé qu'il ne s'agissait pas du type de traitement habituellement réservé aux détenus.

Dans la note, le commissaire dit comprendre que la couverture médiatique «négative», et particulièrement les vidéos prises pendant la détention d'Ashley Smith, puissent choquer les Canadiens, la famille de la jeune détenue et plusieurs gardiens de prisons.

Les images, a-t-il écrit également, «ne reflètent pas le type de services correctionnels» auxquels les Canadiens s'attendent, ni le travail qui est «effectué tous les jours» dans les institutions carcérales.

Des preuves commenceront à être présentées à l'enquête du coroner sur la mort d'Ashley Smith lundi, plus de cinq ans après que la jeune femme se soit donné la mort en s'étouffant dans sa cellule de la prison Grand Valley, à Kitchener en Ontario, sous le regard des gardiens de prison, qui ne sont pas intervenus.

Les vidéos de surveillance ont été dévoilées au public pour la première fois le 31 octobre 2012, au terme d'une bataille juridique à propos de l'étendue de l'enquête du coroner. Le service correctionnel et de nombreux médecins qui avaient traité Mme Smith ont vainement tenté d'empêcher la diffusion des images.

Les vidéos ont causé l'indignation dans la population, qui a été choquée de voir la manière dont la détenue originaire de Moncton, au Nouveau-Brunswick, a été traitée. Certains ont même exhorté le premier ministre Stephen Harper de blâmer les autorités en cause.

Le mémo, obtenu par le Nouveau Parti démocratique en vertu de la Loi sur l'Accès à l'information, montre que M. Head souhaitait démentir ce qu'il a qualifié d'efforts de la part des médias pour «cacher la vérité».

Ashley Smith s'est étouffée à mort en octobre 2007. La jeune femme a passé la majeure partie de la dernière année de sa vie en isolement, démontrant des comportements la mettant elle-même en danger. Elle avait été transférée 17 fois entre neuf prisons de cinq provinces différentes.