CINÉMA - Quentin Tarantino est une nouvelle fois sous le feu des critiques. Plusieurs organisations américaines pour les droits civiques ont réagi après la mise en vente de jouets inspirés du dernier film du réalisateur, Django Unchained. L'action de son western spaghetti se situe dans les plantations du Sud des États-Unis où Django, esclave "libéré", décide de partir se venger et récupérer sa femme.

Selon le Guardian, les figurines ont été validées par la Weinstein Company, les producteurs du film, et par la National Entertainment Collectibles Association chargée de surveiller l'aspect des jouets. Certaines mentions, comme "esclave de maison" pour le personnage de Stephen incarné par Samuel L. Jackson, ont provoqué la colère d'une partie de la communauté afro-américaine.

django figurines

Najee Ali, directeur de Project Islamic Hope, organisation de Los Angeles pour les droits civiques, demande à ce que les figurines soient retirées de la vente. "Ces jouets sont une claque faite à nos ancêtres. Nous sommes bouleversés, nous avons le sentiment qu'ils banalisent les horreurs de l'esclavage."

Il souligne au New York Daily News ne pas être opposé à la description des plantations dans Django Unchained:

"J'ai apprécié le film mais nous ne pouvons pas supporter ce type de commercialisation. Je n'ai pas vu de poupées à l'effigie d'Hitler après le dernier film de Tarantino, Inglorious Basterds. Je n'ai pas vu non plus de figurines de rescapés des camps de concentration."

Le National Action Network, fondé par le révérend Al Sharpton, défenseur des droits civiques, a aussi réagi par le biais d'un porte parole qui confiait, "vendre ces figurines est extrêmement offensant pour nos ancêtres et la communauté afro-américaine."

"Le film est destiné à un public d'adultes alors que ces jouets peuvent tomber entre les mains d'enfants. Nous ne voulons que d'autres individus puissent les utiliser pour leur propre divertissement et pour se moquer de l'esclavage."

Le merchandising du film reprend certains personnage: en plus du duo de chasseurs de prime composé de Django et du Dr Schultz, on compte aussi sur Broomhilda, la femme du premier, vendue à Calvin Candie, propriétaire terrien interprété par Leonardo DiCaprio ainsi que Stephen, l'esclave intendant.

Bande-annonce:

Spike Lee n'est pas content

De passage en Allemagne, Quentin Tarantino s'est défendu à propos des différentes polémiques autour de son film. Il a notamment déclaré que "la vérité ou la réalité est mille fois pire que ce que j'ai montré". Les hostilités avaient été déclenchées par le réalisateur Spike Lee dans un tweet en décembre:

"L'esclavage aux États-Unis n'est pas un western spaghetti à la Sergio Leone. C'était un Holocauste. Mes ancêtres étaient esclaves. Volés à l'Afrique. Je les honorerai."

Comme le relève le Guardian, les figurines en vente sur Amazon ont déclenché des réactions différentes de la part des internautes qui ont laissé des commentaires allant de "vraiment c'est de la connerie raciste, le film est bon mais ça c'est impardonnable" à "est-ce qu'il y a des accessoires comme des fouets, des chaînes et des membres du Ku Klux Klan?"

Découvrez quelques images du film dans le diaporama ci-dessous:

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Et les westerns qui ont inspiré Quentin Tarantino:

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  • "Django" de Sergio Corbucci

  • "The Hellbenders" de Sergio Corbucci

  • "Il Grande Silenzio" de Sergio Corbucci

  • "Day of the Outlaw" d'Andre de Toth

  • "Navajo Joe" de Sergio Corbucci

  • "The Wild Bunch" de Sam Peckinpah