Le Congrès des États-Unis a accueilli jeudi des dizaines de nouveaux membres qui feront rapidement face à la dure réalité d'un gouvernement divisé et aux affrontements partisans sur la façon dont le pays peut continuer de payer ses factures.

Le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, a été reconduit dans ses fonctions, malgré les désaccords des derniers jours avec les membres de son propre parti sur les dossiers fiscaux.

Le Congrès sortant, considéré comme le moins productif en plus de 60 ans, a terminé ses travaux cette semaine en adoptant un accord limité permettant d'éviter le « mur budgétaire ». Après une quasi-rébellion des conservateurs opposés aux hausses d'impôts à la Chambre des représentants, l'accord adopté tard mardi soir prévoit d'augmenter les impôts des Américains les plus riches tout en protégeant la classe moyenne et les pauvres. Le président Barack Obama a promulgué l'accord tôt jeudi matin.

Le 113e Congrès des États-Unis fait face aux mêmes débats sur l'augmentation de la limite d'endettement du gouvernement et sur les coupes budgétaires de 109 milliards de dollars américains, des questions que l'accord de mardi n'a fait que repousser de deux mois. Seul le Congrès a le pouvoir d'augmenter le plafond de la dette du gouvernement.

L'équilibre du nouveau Congrès est le même que celui du Congrès sortant : les démocrates contrôlent le Sénat, tandis que les républicains dominent la Chambre.

John Boehner a reçu suffisamment de votes des membres de la Chambre pour en rester le président, même s'il a été vivement critiqué par les membres de son parti mercredi pour avoir repoussé un vote sur l'aide financière aux victimes de la supertempête Sandy.

Le vote sur la question figure à l'ordre du jour vendredi. Il pourrait s'agir du premier vote du nouveau Congrès.

Tandis que le président Barack Obama a obtenu un second mandat en novembre, les démocrates ont accru leur emprise sur le Sénat, à 55 sièges contre 45. Cela signifie que le sénateur Harry Reid gardera son poste de leader de la majorité.

Les républicains conservent leur majorité à la Chambre, mais avec un avantage plus restreint, à 235 sièges contre 199.

Le nouveau Congrès ne pourra échapper aux disputes partisanes qui ont paralysé le 112e Congrès. Les élus républicains associés au mouvement ultraconservateur Tea Party insistent sur la discipline fiscale face aux déficits grandissants et réclament des coupes budgétaires élargies afin de réduire la taille et le rôle du gouvernement fédéral.

Les démocrates veulent quant à eux un gouvernement ayant suffisamment de ressources pour aider les moins fortunés et demandent que les riches paient plus d'impôts.

« On ne peut qu'espérer de nouveaux appuis », a déclaré le sénateur démocrate Joe Manchin. « Chaque fois que de nouveaux membres arrivent, on s'attend à ce qu'ils apportent des idées nouvelles et la vitalité nécessaire. Nous espérons qu'ils aient hâte de travailler fort et de prendre des décisions difficiles, de mettre le pays au premier plan et qu'ils ne se cantonnent pas dans une idéologie. »

Parmi les 12 nouveaux membres du Sénat figure Tim Scott, le premier sénateur républicain noir depuis des décennies. Le Sénat compte par ailleurs trois hispanophones : le démocrate Bob Menendez, du New Jersey, le républicain Marco Rubio, de la Floride, et le républicain Ted Cruz, du Texas. Il y a désormais 20 femmes au sein de l'assemblée de 100 membres, un record.

Le sénateur démocrate John Kerry, du Massachusetts, devrait quitter son siège dans quelques semaines pour remplacer Hillary Clinton en tant que secrétaire d'État. Son départ pourrait permettre à l'ancien sénateur républicain Scott Brown, le seul sénateur sortant à ne pas avoir été réélu en novembre, de tenter sa chance pour revenir à Washington.

La Chambre des représentants compte pour sa part 82 nouveaux membres, soit 47 démocrates et 35 républicains. Il y a 81 femmes sur les 435 membres de l'assemblée.

Associated Press