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Parlement jeunesse du Québec: célébrer les Fêtes à l'Assemblée nationale

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PARLEMENT JEUNESSE QUEBEC
Courtoisie PJQ

Oubliez les fêtes en famille, c’est sur la colline parlementaire qu’une centaine de jeunes Québécois ont décidé de fêter l’approche de la nouvelle année. Dans le cadre du Parlement jeunesse du Québec (PJQ), des étudiants des quatre coins de la province reproduisent ces jours-ci le fonctionnement de l’Assemblée nationale.

Ces jeunes débattent, échangent et votent des projets de loi fictifs au Salon bleu. Une Montréalaise de 23 ans, Sophie Gagnon, occupe le rôle de première ministre lors de la simulation. « Ce sont les jours les plus stimulants intellectuellement de toute mon année, se réjouit-elle. Nous croyons en l’avenir de la politique, et c’est pour cette raison qu’autant de jeunes participent. Pour la plupart, ce sont des gens qui ne connaissent pas les rouages de l’Assemblée nationale, et qui viennent pour apprendre.»

Les jeunes députés sont issus de domaines d’études aussi divers que le droit, la médecine, la psychologie ou la technique policière. Selon Sophie Gagnon, c’est l’absence de toute partisanerie qui caractérise le mieux cette simulation. « Je vois le PJQ comme un retour aux sources. On retire toute corruption, toute ligne de parti et on se concentre sur de vrais enjeux. Tout le monde peut librement se prononcer en faveur ou non d’un projet de loi », explique-t-elle.

En réaction à la grève étudiante

Les organisateurs du Parlement jeunesse du Québec ont remarqué cette année une hausse du nombre de candidatures, qu’ils attribuent à la crise étudiante. « Les jeunes ne se sentent pas interpellés par la politique, parce que plusieurs décisions ne les touchent pas. Or, pendant la grève, les étudiants ont senti qu’ils pouvaient changer les choses. C’est une année record de candidatures pour nous », confirme Anne-Sophie Thommeret-Carrière, une participante qui occupe le poste de ministre de l'Agriculture pendant le PJQ. Sa collègue Eugénie Lépine-Blondeau abonde dans ce sens. « C’est inévitable qu’avec six mois de mobilisation générale, quelques jeunes se soient réveillés! Ça a eu l’effet d’une prise de conscience, et nous en voyons les effets au PJQ », ajoute-t-elle.

Toutefois, il est hors de question d’aborder les frais de scolarité. En effet, si le PJQ reprend de A à Z le fonctionnement de l’Assemblée nationale, les quatre projets de loi qui y sont débattus sont obligatoirement en marge de l’actualité. « Sinon, on les rattacherait à des idéologies partisanes, et de toute façon, ce sont des débats réchauffés! » explique Sophie Gagnon. Les questions de langue et de souveraineté sont également proscrites. « Je suis déçue, avoue Kathy L. Cabana, qui en est à sa première expérience. Ce sont les sujets qui me tiennent le plus à cœur! », dit-elle.

Encadrer la participation citoyenne

Parmi les projets de loi fictifs présentés cette année, celui sur la citoyenneté fait particulièrement réagir les participants. Eugénie Lépine-Blondeau, qui porte le projet de loi, propose de rendre l’obtention de certains droits, comme le droit de vote ou de conduire une voiture, conditionnels à la réussite d’un stage civique. « C’est une façon de répondre au déclin de la participation citoyenne », explique-t-elle. Concrètement, le projet de loi prévoit un stage de trois mois, pendant lesquels tout citoyen serait initié aux valeurs de la société québécoise. Si un citoyen refusait d’y participer, la prison ou la révocation de sa citoyenneté seraient parmi les sanctions prévues.

Les citoyens seraient même obligés d'aller voter. « Je trouve ce projet de loi très contraignant, pense le participant Frédéric Rivest-Roy. L'obligation d'aller voter bouleverserait notre démocratie », ajoute-t-il. « Je comprends que ça peut donner le vertige, mais il faut voir le projet à long terme, réplique Eugénie Lépine-Blondeau. Il faut que la participation citoyenne devienne chose normale. Je pense que c’est un projet qui est très réaliste dans ses objectifs. Il sera inévitable qu’on ait un projet de société qui nous rassemble bientôt», conclut la ministre.

La 63e législature du Parlement jeunesse du Québec se tiendra jusqu’au 30 décembre.

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