Lorsqu'elle a voulu mettre son jardin au diapason d'Halloween, à la fin du mois d'octobre, Julie Keith a fait une drôle de découverte. Dans un emballage de pierres tombales en polystyrène dégotées dans le magasin K-mart du coin, cette mère de famille de l'Oregon a eu la surprise de tomber sur une missive des plus singulières : l'appel à l'aide d'un travailleur chinois.

julie keith letter

La lettre, comme l'a trouvée Julie Keith

En guise d'introduction, on peut y lire ces quelques mots : "Monsieur, si vous venez d'acheter ce produit, s'il vous plait, pourriez-vous avoir l'amabilité de renvoyer cette lettre à l'Organisation mondiale des droits de l'homme. Les milliers de personnes persécutées par le Parti communiste chinois vous remercieront et s'en souviendront à jamais."

Chronique du quotidien d'un travailleur forcé

Dans un anglais balbutiant, agrémenté de quelques mots d'authentique chinois, l'auteur précise également que les pierres tombales factices ont été fabriquées dans le camp de travail de Masanjia à Shenyang, au nord-est de Pékin. Il décrit ensuite les terribles conditions de travail que subit la main d'œuvre au quotidien. Il fait notamment mention de journées de plus de 15 heures, de l'absence totale de pause dominicale ou de vacances, mais aussi de tortures régulières et de salaires bigrement dérisoires (10 yuan chinois par mois soit moins de 1,30 euro quand le revenu moyen d'un ouvrier est d'environ 100 euros).

La missive fait également référence à de nombreux travailleurs chinois emprisonnés en raison de leur pratique du Falun Gong, une religion interdite en République populaire de Chine. Des mises à l'ombre confirmés par des activistes américains du culte mis à l'index, qui ont fait état de leur connaissance de cas similaires à la situation décrite dans la lettre chez certains de leurs membres. Un ancien détenu pratiquant du Falun Gong a ainsi déclaré à la chaîne New Yang Dynasty TV, la chaîne de télévision officielle du mouvement spirituel, qu'il avait été envoyé et persécuté à Masenjia en 1999.

Une lettre authentique ?

Pour la mère de famille, pas de de doute possible : la lettre n'est pas un faux. Elle a d'ailleurs déclaré à Fox News qu'un collègue chinois du magasin Goodwill où elle travaille à Portland, lui avait confirmé qu'elle semblait authentique. "Je crois fermement qu'elle est vraie", a-t-elle affirmé en expliquant qu'au vu de l'emballage intact de la boite de pierres tombales, le produit ne pouvait pas venir d'ailleurs que de l'usine de Shenyang.

De son côté, l'ONG Human Rights Watch a affirmé par la voix de Sophie Richardson qu'elle n'était "pas en mesure de confirmer la véracité ou l'origine" de l'appel au secours. La directrice du département chinois de l'ONG a toutefois admis que les conditions de travail décrites dans la lettre semblent "semblent conformes à ce que nous connaissons des conditions de travail au sein de ces camps de rééducation", a-t-elle déclaré au journal américain The Oregonian.

Les services de douane américains ont lancé une enquête afin de déterminer l'authenticité de la lettre. À noter qu'il est illégal d'importer aux États-Unis des produits fabriqués par des prisonniers ou des travailleurs forcés.

Photoreportage d'une usine de jouets en Chine:
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  • Cette série de photos a été intitulée: « The Real Toy Story » et créée par Michael Wolf. (Crédit photo: Michael Wolf)

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  • Ces photos sont le résultats de 5 visites dans des usines en Chine, où 75% des jouets du monde sont fabriqués. (Crédit photo: Michael Wolf)

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  • En 2010, le salaire moyen mensuel pour ces travailleurs, y compris les heures supplémentaires, était de 240 $. En 2009 seulement, environ 1 million de travailleurs ont subi des blessures industrielles et 20 000 personnes ont été victimes d'une maladie professionnelle.(Crédit photo: Michael Wolf)

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