Nicolas Laffont est actuellement en reportage en Afghanistan avec les Forces canadiennes déployées pour l'Opération Attention.

Belle surprise pour les militaires canadiens en Afghanistan. Richard Petit et Eva Avila sont venus rendre visite aux soldats de l'Opération Attention à Kaboul.

Grand habitué des visites aux troupes canadiennes à l'étranger, Richard Petit en est à sa sixième visite aux soldats, sa quatrième en Afghanistan. Cette fois, il était accompagné de la chanteuse Eva Avila, gagnante de l'émission Canadian Idol en 2006.

Arrivé lundi 24 décembre en compagnie du brigadier-général Richard Giguère, commandant du Secteur du Québec de la Force terrestre, les artistes sont allés rendre visite aux militaires canadiens déployés en Afghanistan dans le cadre de la mission de formation de l'OTAN des forces de sécurités du pays.

Depuis la fin de la mission canadienne de combat en juillet 2011, les 900 militaires restants s'occupent désormais de la formation des soldats de l'Armée nationale afghane, des policiers de la Police nationale afghane et la Force aérienne afghane.

Une grande majorité d'entre eux viennent de partout au Québec.

«Je tenais à être ici pendant la soirée de Noël pour bien démontrer à nos militaire canadiens qu'on ne les oublie pas, qu'on est fier du travail qu'ils font et je tenais à passer quelques jours avec eux avec une petite équipe en provenance du secteur du Québec», a dit le brigadier-général Giguère en interview pour Le Huffington Post Québec et 45eNord.ca.

En compagnie des artistes, les VIP se sont rendus dans quelques unes des bases de l'OTAN où se trouvent des Canadiens.

Au Camp Phoenix, quartier général de la mission de formation canadienne, c'est devant près de 140 militaires et employés civils que se sont produits les deux artistes, dans un concert intimiste.

En arrivant peu après la fin du «repas de caserne», une tradition qui voit les officiers supérieurs servir les plats à leurs subordonnés, Richard Petit et Eva Avila se sont assis au centre d'un hangar, au milieu de la troupe canadienne. Chaudement applaudit tout au long du show, ils ont interprétés quelques uns des succès populaires québécois et anglophones.

«T'as beau être pour ou contre le choix que le gouvernement fait dans un déploiement, mais le résultat c'est que des hommes et des femmes se retrouvent à l'étranger dans une zone critique de la planète, de par leur métier, explique le chanteur Richard Petit. Nous autres artistes notre job c'est de divertir, et on vient divertir des gens qui en ont grandement besoin.»

Changement afghan

Depuis sa première visite en Afghanistan en 2004, les choses ont beaucoup changé dans le pays comme l'a noté Richard Petit.

«J'ai roulé dans les rue de Kaboul en 2004, et maintenant, huit ans plus tard, on voit une effervescence au niveau de la vie dans Kaboul. On est au début d'un quelque chose qui, espérons-le, va tenir, mais seul l'Histoire nous le dira.»

Un autre exemple donné par Richard Petit pour illustrer le changement: les transports.

«Alors que chaque fois que je suis [précédemment] venu en Afghanistan, ça se faisait dans des véhicules blindés, où on ne voyait rien de ce qu'il se passait», maintenant ce n'est plus le cas.

Pour le chanteur, qui a pu voir un peu la ville, le fait de voir du trafic, prouve que les choses changent. À la blague, il raconte que les afghans ont «un sérieux problème de conduite automobile, un jour le code de la route va arriver en Afghanistan, mais au moins ça bouge».

Pour Eva Avila, cette première visite est un grand choc culturel, «par contre je me trouve absorbée à chaque seconde, par chaque petit détail et aspect de ma visite jusqu'à présent, précise-t-elle. C'est une expérience vraiment enrichissante, c'est tout à fait exaltant et quand je vais rentrer à la maison, je vais avoir ce souvenir là pour toute ma vie et ça ça n'a vraiment pas de prix».

«C'est pas moi qui vient me mettre en valeur, c'est vraiment une performance humble, modeste, on est mis à nu, je chante pas pour moi, mais pour eux, c'est un bel échange d'énergie, lance la chanteuse. Ça fait du bien à des gens qui en ont besoin. C'est le minimum qu'on puisse faire, qu'en tant qu'artistes on puisse venir faire notre métier pour une saperlipopette de bonne raison qui bat toutes les raisons de vouloir gagner un Félix, le meilleur album, le plus vendu, etc.»