OTTAWA - L'économie canadienne a retrouvé le chemin de la croissance même si elle s'est retrouvée dans la voie de droite, en octobre, à la suite de deux mois de croissance nulle ou de recul.

Le produit intérieur brut réel a connu une légère hausse de 0,1 pour cent, ce à quoi s'attendaient plus ou moins les économistes, la production de biens ayant continué à connaître des difficultés.

Le résultat d'octobre demeure supérieur à la croissance nulle de septembre et à la baisse de 0,1 pour cent du mois précédent, qui ont contribué au pire trimestre en plus d'un an en matière de croissance économique canadienne.

Statistique Canada a indiqué vendredi que le commerce de gros, qui a progressé de 0,8 pour cent par rapport au mois précédent, et le commerce de détail, en hausse de 0,3 pour cent, avaient été les principaux moteurs de la croissance du PIB en octobre. L'extraction pétrolière et gazière a par ailleurs crû de 0,4 pour cent, tandis que les services publics ont progressé de 1,2 pour cent.

Toutefois, les problèmes de la fabrication se sont poursuivis, le secteur ayant reculé de 0,4 pour cent, vraisemblablement en raison de la faible demande de produits fabriqués canadiens sur les marchés mondiaux. Et alors que le marché immobilier commence à ralentir, la construction a connu un recul de 0,1 pour cent.

L'économiste Doug Porter, de la Banque de Montréal, impute en partie la faiblesse de la croissance au lock-out dans la Ligue nationale de hockey (LNH), faisant remarquer que le secteur des arts et des spectacles a enregistré une baisse de 1,6 pour cent en octobre, à la suite de la glissade de 2,4 pour cent subie le mois précédent.

«Le lock-out dans la LNH a accentué ce qui était un taux de croissance canadien en perte de vitesse au cours de l'automne», a-t-il dit vendredi.

«Bien que la plupart des autres catégories aient quelque peu compensé, nous nous attendons à ce que l'économie peine à dépasser le taux annualisé de croissance d'un pour cent au quatrième trimestre, et nous prévoyons maintenant un taux de croissance de seulement 1,8 pour cent pour 2013», a ajouté M. Porter.

Bien que le mois d'octobre ait été légèrement supérieur aux deux précédents, les économistes le perçoivent généralement comme le faible début du quatrième trimestre de l'année, période qui prendra fin le 31 décembre.

La Banque du Canada avait prévu une meilleure reprise à la suite de la faible croissance de 0,6 pour cent enregistrée au troisième trimestre, à 2,5 pour cent. Mais cela semble impossible à ce stade-ci, compte tenu de la croissance économique mondiale, qui demeure faible, et des préoccupations nées de la possibilité que les États-Unis puissent ne pas parvenir à une entente budgétaire d'ici à la fin de l'année.

«Cela reflète la faible croissance et l'impact du précipice fiscal sur les investissements d'affaires aux États-Unis, de même que l'impact de l'endettement élevé des consommateurs et de la faiblesse du marché canadien de l'habitation», a affirmé Dina Ignjatovic, économiste à la Banque TD.

Mme Ignjatovic estime cependant que le Canada peut s'attendre à une économie plus solide en 2013.

Dans l'ensemble, les industries productrices de biens sont restées stables en octobre, tandis que les industries productrices de services ont avancé de 0,1 pour cent.

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  • 1. LA DETTE DES MÉNAGES

    La dette des ménages canadiens a atteint au nouveau sommet au troisième trimestre, incitant le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, à sonner l'alarme contre le plus grand risque interne à l'économie. Les Canadiens doivent près de 1,51 $ pour chaque dollar qu'ils gagnent, soit davantage que les Américains.

  • 2. LA PIÈGE DE LA CONSOMMATION

    Malgré leur endettement, les Canadiens continuent de consommer... avec de l'argent emprunté. Et ce, notamment parce que les taux d'intérêt sont bas, l'emploi demeure stable et que les Canadiens ne sentent pas la soupe chaude. Une arme à double tranchant, puisque la consommation soutient néanmoins l'économie. (FREDERIC J. BROWN/AFP/Getty Images)

  • 3. LES PROBLÈMES DE LA ZONE EURO

    Quand la Banque TD a revu ses prévisions de croissance à la baisse, elle a mis en cause les difficultés de la zone monétaire européenne comme l'un des principales raisons. Presque toute l'Europe devrait entrer en récession pour le première moitié de l'année. Le Canada devrait subir les contrecoups avec la baisse de la demande pour ses matières premières et ses produits d'exportation. Le marché de l'emploi devrait aussi en souffrir. (ERIC FEFERBERG/AFP/Getty Images)

  • 4. L'ESSOUFFLEMENT DE LA CHINE

    Les signes de ralentissement en Chine se multiplient, en raison des dettes des gouvernements locaux, de l'essoufflement de la production industrielle, de même que le marché immobilier. Ce ne sera pas la catastrophe, mais quand la Chine, devenue deuxième puissance industrielle, a le rhume, c'est tout l'Occident qui éternue. (Aaron tam/AFP/Getty Images)

  • 5. L'ACCROISSEMENT DES INÉGALITÉS

    Le fossé entre riches et pauvres se creuse au pays, et les analystes préviennent que la stagnation des revenus des ménages fera mal à l'économie. Même si l'écart n'est pas aussi grand qu'aux États-Unis, le pouvoir d'achat des Canadiens s'en trouve diminué. (ADRIAN DENNIS/AFP/Getty Images)