Attaque de Benghazi : un rapport dénonce des failles dans la sécurité

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Un homme armé montre son arme alors que le consulat américain brûle à Benghazi, le 11 septembre 2012.  (AFP/STR)
Un homme armé montre son arme alors que le consulat américain brûle à Benghazi, le 11 septembre 2012. (AFP/STR)

Le rapport rédigé par la commission que la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton avait mise sur pied après l'attaque du consulat de Benghazi le 11 septembre dernier, en Libye, dénonce des failles en matière de sécurité autour du bâtiment américain.

L'enquête indépendante reproche au département d'État d'avoir confié la sécurité à des milices locales, plutôt qu'à du personnel qualifié.

En réponse aux recommandations, les États-Unis enverront des centaines de marines supplémentaires pour protéger leurs représentations diplomatiques, a indiqué mardi la secrétaire d'État à l'occasion du dépôt du document gouvernemental.

Le rapport de cette commission, un Comité de révision (ARB) de l'action de l'administration américaine, a également conclu qu'il n'y avait eu avant l'attentat « aucun renseignement immédiat et spécifique » transmis aux services d'espionnage américains quant à une éventuelle menace contre le consulat.

L'ambassadeur américain en Libye Christopher Stevens, de même que trois fonctionnaires du consulat de Benghazi, avaient été tués dans cette violente attaque du 11 septembre contre le bâtiment américain.

Cet attentat terroriste était survenu dans la foulée des manifestations qui avaient éclaté en Libye et en Égypte pour protester contre un film américain jugé offensant pour l'islam, L'Innocence des musulmans. Le film avait soulevé l'ire de manifestants au Caire et avait provoqué des violences à Benghazi.

En octobre dernier, Hillary Clinton a déclaré qu'elle « assumait la responsabilité » de la gestion et des conséquences de l'attaque, qui avait déclenché une tempête politique entre les camps démocrate et républicain, quelques semaines avant la réélection du président Barack Obama.

Les républicains ont vertement critiqué la façon dont l'administration Obama a géré l'événement, le sénateur McCain estimant qu'elle s'est rendue coupable soit d'« incompétence colossale » soit d'une « entreprise de dissimulation ».

Puis, un mois plus tard, lors d'une première sortie officielle depuis sa démission, l'ancien chef de la CIA David Petraeus a expliqué devant le Congrès américain qu'il était au courant que des proches d'Al-Qaïda étaient derrière l'attaque du consulat de Benghazi.

Les responsables américains ont ensuite écarté la thèse de la manifestation contre la diffusion sur Internet de la vidéo islamophobe. Cette thèse avait été reprise à la télévision par l'ambassadrice aux Nations unies, Susan Rice, cinq jours après les événements. L'administration a depuis reconnu qu'elle était erronée.

De nombreux élus républicains ont alors accusé à mots couverts le président Barack Obama d'avoir tenté de cacher le caractère terroriste de l'attentat pour ne pas ternir son bilan en matière de lutte contre Al-Qaïda pendant sa campagne électorale.