LE CAIRE, Égypte - Plusieurs groupes égyptiens de défense des droits de la personne ont demandé que le premier tour du référendum sur le projet de constitution soit repris, affirmant que le vote a été entaché de plusieurs violations. De leur côté, les islamistes qui défendent la charte proposée ont affirmé que la "oui" avait obtenu la majorité, bien qu'aucun résultat officiel n'ait encore été annoncé.

Des représentants de sept groupes ont dit qu'il n'y a pas eu assez de supervision du processus dans 10 des 27 provinces du pays. Ils ont ajouté que des observateurs indépendants n'avaient pas pu avoir accès aux bureaux de vote.

Selon ces groupes, plusieurs rapports font état d'individus qui se sont fait passer pour des juges, de femmes qui ont été empêchées de voter et de membres des Frères musulmans — le parti du président Mohammad Morsi — à qui il a été permis de rester à l'intérieur des bureaux de vote. Des chrétiens n'auraient pu avoir accès à des bureaux de vote. Un certain nombre de bureaux ont fermé leur porte plus tôt que prévu.

Mohamed El Baradei, un réformateur bien connu, s'est dit frustré de la façon dont s'est déroulé le référendum. Il a affirmé sur sa page Twitter que le vote s'est tenu sans une supervision judiciaire suffisante, une sécurité nettement déficiente, dans la violence et la violation des règles.

Le référendum doit mettre un terme à deux ans de lutte pour définir l'identité de l'Égypte après l'expulsion du pouvoir de Hosni Moubarak. Le débat, parfois meurtrier, se déroulait autour d'une alternative: l'Égypte doit-elle devenir un état religieux sous le joug des Frères musulmans et de leurs alliés salafistes ou le pays doit-il garder ses traditions laïques tout en ayant un caractère musulman ?

Quelque 120 000 soldats ont été déployés pour aider les policiers à protéger les bureaux de vote et les immeubles gouvernementaux.

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