Un texte de Lili Boisvert

Les Italiens établis au Canada veulent pouvoir voter aux élections nationales de leur pays, à l'instar des Français et des Tunisiens, en dépit de la position d'Ottawa qui refuse de reconnaître les circonscriptions extraterritoriales de pays étrangers qui englobent son territoire.

En fait, les Français et les Tunisiens du Canada ont effectivement voté lors des élections de leurs pays, mais contre l'avis d'Ottawa. Du côté de la France, l'ambassadeur avait exposé l'été dernier que les ambassades et les consulats étaient de juridiction française, et qu'à ce titre, des bureaux de vote pouvaient y être aménagés. 

La Tunisie avait elle aussi fait fi de l'avis d'Ottawa en 2011 et avait décidé de maintenir son scrutin sur le territoire canadien.

Or, contrairement aux Français et aux Tunisiens, les Italiens en sol canadien se retrouvent dans une situation particulière, parce que la loi italienne exige que les circonscriptions extraterritoriales soient autorisées par les pays concernés.

Ainsi, si les Italiens imitaient les Français et les Tunisiens, leur vote pourrait ne pas être comptabilisé en Italie.

Giovanni Rapanà, membre du conseil général italien qui représente le Canada, fait valoir qu'en 2006, alors que les libéraux fédéraux étaient au pouvoir et en 2008, lorsque les conservateurs étaient minoritaires, le droit de voter des Italiens avait été reconnu. Mais cette fois, le gouvernement n'a toujours pas répondu à la demande, alors que les élections italiennes sont prévues au début de 2013.

Le pays se prépare à des élections anticipées après l'annonce de la démission de l'actuel président du conseil des ministres, Mario Monti. L'ancien chef d'État italien Silvio Berlusconi a déjà déclaré qu'il se représenterait au scrutin.

Le Canada est le seul pays inclus dans une circonscription italienne qui refuse d'autoriser le vote italien, déplore M. Rapanà.

Ottawa considère que les circonscriptions extraterritoriales contreviennent à sa souveraineté. Mais même s'il n'a aucun moyen légal d'empêcher les électeurs étrangers de voter, le gouvernement dit quand même s'attendre à ce que ses exigences soient respectées.