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Un entrepreneur québécois se dit victime d'une tentative de corruption en Alberta

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GILLES FILIATREAUTL
Gilles Filiatreault, un entrepreneur du Québec. (Radio-Canada.ca) | Radio-Canada.ca

Il n'y a pas qu'au Québec où la corruption touche le monde municipal. Un entrepreneur de la couronne nord de Montréal, Gilles Filiatreault, l'a appris à ses dépens en s'engageant dans un important projet résidentiel en Alberta.

Il soutient s'être fait demander un pot-de-vin de près d'un million de dollars et avoir été confronté à une multitude d'obstacles après avoir refusé de le verser. La Gendarmerie royale du Canada de l'Alberta a ouvert une enquête.

Au printemps 2007, l'entrepreneur québécois annonce en grande pompe un projet résidentiel de près d'un demi-milliard de dollars dans la municipalité de Lamont, à 60 km à l'est d'Edmonton. Même le premier ministre albertain de l'époque, Ed Stelmach, était présent.

Mais à peine son projet amorcé, Gilles Filiatreault soutient que celui qui était alors directeur de la Ville, Tom Miller, a exigé un pot-de-vin de 5 %, précisant qu'en cas de refus, il allait nuire à son projet.

« Moi qui avais fui ces situations-là dans ma vie à travers le Québec, je me retrouve dans une autre province, dans une autre langue, dans d'autres lois où je me retrouve avec un gars comme ça », témoigne l'entrepreneur.

Gilles Filiatreault rejette la demande de pot-de-vin et devant les problèmes qui s'accumulent avec la municipalité, son projet échoue en 2009. Il n'a pu construire qu'une seule maison.

Il poursuit la municipalité pour près de 30 millions de dollars.

Dernièrement, les élus de Lamont ont demandé au ministère albertain des Affaires municipales d'enquêter sur leur administration et ont congédié leur directeur, Tom Miller. Ils affirment cependant que ces décisions n'ont rien à voir avec le dossier de Gilles Filiatreault.

Mais à la suite de son congédiement, dans une volte-face spectaculaire, l'ancien directeur Tom Miller informe l'entrepreneur Filiatreault qu'il veut se venger de la municipalité en lui fournissant un faux document qui pourrait l'aider à gagner sa cause. En échange, il exige 50 % du règlement de la poursuite. Nous avons filmé en caméra cachée la rencontre qui a eu lieu dans un restaurant de la banlieue d'Edmonton.

Nous avons confronté Tom Miller à la sortie du restaurant. Il a tout nié.

Depuis le début de cette affaire, M. Miller a toujours nié avoir demandé un pot-de-vin à Filiatreault.

Dans une contre-poursuite, les avocats de la Ville de Lamont affirment que l'entrepreneur n'avait pas les ressources et la compétence pour se lancer dans un projet aussi ambitieux. Ils avancent aussi que l'abandon du projet n'a rien à voir avec une prétendue demande de pot-de-vin. Mais personne à Lamont n'a voulu faire de commentaires devant la caméra.

Entre-temps, Gilles Filiatreault est revenu au Québec, où il a repris ses activités dans le domaine de la construction.

Un reportage d'Alain Gravel, en collaboration avec le Toronto Star