BEYROUTH - Les rebelles syriens semblent avoir pris le contrôle complet d'une base militaire du nord du pays, près d'Alep, et auraient tué 35 soldats pendant les combats.

Les rebelles avaient pénétré dans l'enceinte de la base Sheik Suleiman pour une première fois dimanche après-midi, après des semaines d'affrontements avec les hommes du président Bachar al-Assad.

Il s'agit de la deuxième base à tomber entre les mains des rebelles dans le nord du pays. Les insurgés accumulent les victoires dans la région et continuent à se rapprocher de la capitale, Damas, vers le sud.

L'Observatoire syrien des droits de la personne affirme que les combats pour le contrôle de la base Sheik Suleiman ont pris fin mardi quand les insurgés ont réussi à prendre les installations principales et les entrepôts de la base, où est notamment installé un centre de recherches militaires.

En plus des 35 soldats tués, l'observatoire indique que les rebelles ont blessé ou capturé 64 autres soldats. L'observatoire obtient ses informations d'un réseau de militants en Syrie.

À Alep mardi, quatre obus de mortier sont tombés sur le quartier majoritairement kurde de Sheik Maksoud, faisant 11 morts et une dizaine de blessés. On compterait deux femmes et trois enfants parmi les victimes.

Par ailleurs, le secrétaire à la Défense des États-Unis, Leon Panetta, a indiqué que le régime syrien semble avoir modéré ses préparatifs en vue d'un recours éventuel à des armes chimiques.

Les responsables américains avaient indiqué la semaine dernière que les forces syriennes avaient commencé à produire du sarin, un agent neurotoxique.

M. Panetta a indiqué mardi aux journalistes qui l'accompagnent au Koweït que cette menace semble s'être stabilisée, même s'il n'a pas voulu fournir plus de détails.

«En ce moment nos renseignements demeurent les mêmes, a-t-il dit. Nous n'avons pas constaté de développement agressif dans cette direction.»

Il a ensuite ajouté que le président Assad semble prendre au sérieux les avertissements lancés par l'Occident contre le recours aux armes chimiques. M. Panetta a rappelé que le régime syrien est de plus en plus menacé par les forces rebelles.

«On craint que s'ils pensent que le régime est sur le point de s'écrouler, qu'ils décident d'utiliser de telles armes», a-t-il dit.

Les observateurs croient que la Syrie dispose d'un important arsenal d'armes chimiques, mais son ampleur exacte demeure incertaine.

Le gouvernement américain serait enfin sur le point de resserrer ses liens avec le principal groupe syrien d'opposition. L'administration Obama devrait profiter d'une rencontre au Maroc, mercredi, pour reconnaître le conseil syrien d'opposition comme étant le seul représentant légitime du peuple syrien.

Cette décision viserait notamment à contrer l'influence des islamistes radicaux auprès des rebelles syriens. Lundi, la secrétaire d'État américaine, Hillary Rodham Clinton, a désigné «organisation terroriste étrangère» un des principaux groupes rebelles syriens, Jabhat al-Nusra, affirmant qu'il entretient des liens avec le réseau al Qaïda.

Le conflit syrien s'étire depuis 20 mois et pourrait avoir fait quelque 40 000 morts.

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  • Un garçon syrien court dans les rues d'Alep. Des centaines de rebelles affrontent les forces syriennes pour le contrôle de cette ville stratégique.

  • Un garçon syrien court dans les rues d'Alep. Des centaines de rebelles affrontent les forces syriennes pour le contrôle de cette ville stratégique.

  • Des rebelles se préparent au combat contre les forces syriennes.

  • Des chars des forces syriennes prennent position dans le quartier de Suleiman al-Halabi, à Alep.

  • Un activiste rebelle se replie après avoir été blessé dans les combats.