INTERNATIONAL - Face à l'aviation et aux chars de Bachar el-Assad, les rebelles qui mènent les combats en Syrie font preuve d'une ingéniosité sans bornes. Souvenez-vous des canons alimentés par des batteries de voiture et enclenchés par des manettes de PlayStation; des grenades artisanales; et des lance-pierres devenus lance-bombes...

S'il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'armes de guerre destinées à tuer, l'astuce et l'habileté déployées par les rebelles interpellent. Cette fois, ils passent à un tout autre niveau, avec un char "100% made in in Syria". "De loin, il ressemble plutôt à une grosse boîte de métal rouillé", écrit l'AFP, qui consacre un reportage à l'incroyable machine construite à Bishqatin près de Alep (au nord du pays), mais de près "on découvre un véhicule blindé prêt à rejoindre le front".

Une première version a déjà été déployée en zone de combat

Assemblé en un mois à partir d'acier léger, "Cham II" (baptisé du nom de la Syrie antique) fait environ quatre mètres de long sur deux mètres de large. Il est équipe d'une mitrailleuse de 7,62mm commandée depuis l'intérieur de l'habitacle. Trois caméras à l'avant et une à l'arrière l'équipent, ainsi qu'une caméra pour le système de visée de la mitrailleuse. Le conducteur dirige son véhicule à partir d'un écran de contrôle et et le tireur actionne sa mitrailleuse grâce au viseur de son écran télé, avec une manette de Playstation modifiée.

Les parois en métal font 2,5cm d'épaisseur et peuvent résister à des tirs de canons de 23mm. L'engin ne résiste cependant pas à un tir de lance-roquette RPG ou aux obus d'un char de combat. Cham II se veut une version améliorée de son prédécesseur, Cham I, dont le blindage protége seulement le conducteur. "Cham I" a déjà été déployé avec succès en zone de combats. Il attend désormais le renfort de Cham II, qui sera prochainement engagé sur le champ de bataille d'Alep au sein du bataillon Saad Benmoaz de la brigade al-Ansar, selon son concepteur.

Le char en photos (suite de l'article sous le diaporama):

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"C'est mon frère, ingénieur de formation, qui en a eu l'idée. Nous avons désossé une voiture, laissé le moteur diesel sur le châssis, puis construit l'engin", explique Mahmoud Aboud, combattant de la brigade al-Ansar, unité à forte composante islamiste. "Sans compter la mitrailleuse, l'engin a coûté environ 10.000 dollars", indique l'inventeur.

Deux rebelles et un enfant ont été tués lundi 10 décembre dans le nord de Damas, lors des combats les plus violents constatés dans cette zone résidentielle aisée depuis le début du conflit en mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Dans le même temps, l'aviation syrienne poursuivait ses raids sur la périphérie de la capitale, tandis que des affrontements opposaient soldats et rebelles dans la banlieue de Damas, selon cette organisation.

La périphérie de Damas se trouve désormais au coeur des combats, le régime cherchant à reconquérir un rayon de huit kilomètres autour de la capitale, pour être en position de négocier une issue au conflit, selon des experts.

Au total, 45 personnes, dont 22 soldats, ont été tuées lundi à travers le pays, selon un bilan provisoire de l'OSDH. Les violences ont fait plus de 42.000 morts depuis le début du conflit en mars 2011, selon l'OSDH.

Regardez "Cham II" en démonstration :

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