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Quel impact a eu la Loi 101, 35 ans après son adoption? (PHOTOS)

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LOI 101
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La loi 101 est aujourd'hui synonyme d'équilibre et de paix sociale, mais elle a vu le jour dans le tumulte et elle a alimenté bien des passions. Le message aux anglophones était clair dès son adoption: désormais, le français sera la langue dominante au Québec.

Portée par le premier gouvernement indépendantiste, celui de René Lévesque, la loi 101 a eu l'effet d'un coup de barre sur l'avenir du Québec.

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Le dossier linguistique est radioactif et les gouvernements n'y touchent que s'ils y sont contraints. La loi 101, ou la Charte de la langue française, a été adoptée le 26 août 1977.

Ce n'était pas la première législation sur la langue, mais celle qui a fini par faire consensus. Attaquée de toutes parts, au plan politique et juridique, elle a été amputée graduellement de plusieurs de ses dispositions les plus contraignantes.

UN PEU D'HISTOIRE

Dans les années soixante, la question de la place du français est une poudrière. Des affrontement violents entre parents francophones et anglophones (principalement d'origine italienne) ont éclaté à Saint-Léonard, au point de faire appel à la Loi de l'émeute.

La commission scolaire locale refuse aux anglophones le choix d'aller à l'école anglaise. Les manifs se succèdent et dégénèrent. Le gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand passe, en 1968, le «Bill 63» qui rétablit la liberté de choix pour les parents ce qui remet le feu aux poudres.

La tension sociale est déjà grande et prépare la montée du mouvement indépendantiste. Nombre de «canadiens-français» sont frustrés de ne pouvoir être servis en français, de constater que l'économie et les postes de direction sont contrôlées par la minorité anglaise.

C'est le gouvernement libéral de Robert Bourassa qui adopte la première loi, la loi 22, qui fait du français la seule langue officielle au Québec et met fin au bilinguisme des institutions. Les anglo-québécois réagiront très mal en votant en 1976, pour l'Union nationale, contribuant à faire élire le PQ.

On retiendra de la loi 22 les fameux tests linguistiques qui devaient être administrés aux enfants pour avoir droit à l'enseignement en anglais.

DE LA LOI 1 À LA LOI 101

Élu en 1976, le Parti québécois fait de la Charte de la langue française sa loi 1. Il la retirera, devant l'opposition libérale, avant de la rebaptiser loi 101.

Le débat sur la loi 101 va monopoliser le débat politique pendant des mois. La presse anglophone est déchaînée et et sautera sur toutes les occasions pour dénoncer les limites imposées aux libertés individuelles par l'État.

Les accusations de racisme, de xénophobie, d'intolérance... fusent. Les médias sont tapissées d'histoires de Québécois de langue anglaise qui quittent la province ou vivent des tracasseries administratives de la part «la police de la langue». On parle beaucoup de la fuite de sièges sociaux et les statistiques démontrent un exode des Anglos-Québécois vers d'autres cieux.

La loi 101 reprend les grands lignes de la loi 22 mais raffermit les clauses sur l'affichage commercial, la loi de la justice et, surtout, limite l'accès à l'école anglaise aux enfants dont un parent a fréquenté l'école anglaise.

Une première brèche dans la loi survient en 1979. La Cour Suprême juge inconstitutionnels les articles 7 à 13 et Québec doit adopter, à nouveau, ses lois dans les deux langues. Les commissions scolaires anglophones remportent une manche en
1982 avec l'appui du gouvernement Trudeau et de sa Charte des droits.

En 1988, l'unilinguisme dans l'affichage est jugé illégal puisque cette disposition contrevient à la liberté d'expression. Québec rétorque et établit le principe de la prédominance du français sur les affiches.

Le but premier de la loi 101est d'endiguer le processus d'assimilation et de minorisation des francophones. La clef, c'est d'obliger les immigrants à apprendre le français pour éviter qu'ils ne se fondent dans la communauté anglophone. Au gré de batailles juridiques, la «clause Québec» sera »remplacée par la «Clause Canada», qui crée une exception pour les citoyens des autres provinces dans le cas de la langue de l'enseignement.

«LE PÈRE DE LA LOI 101»

Si aujourd'hui on peut parler des «enfants de la loi 101» c'est que cette législation a freiné l'érosion. Celui qui porté ce débat de bout en bout c'est le Dr. Camille Laurin, le «père de la loi 101».

Le premier ministre René Lévesque a exprimé à plusieurs reprises son malaise face aux atteintes aux libertés fondamentales. Psychiatre de formation, Camille Laurin, voyait la loi 101 comme une thérapie collective qui allait préparer la souveraineté du Québec.

Caricaturé, démonisé, le Dr. Laurin ne s'est jamais départi de son flegme et a résisté à toutes les attaques.

La loi 101 a été retouchée et remodelée depuis 35 ans. La première ministre Pauline Marois cherche actuellement à lui apporter des retouches.

Beaucoup de ses détracteurs conviennent, maintenant, que la loi 101 a donné un visage majoritairement français à Montréal et rassuré les Québécois au travail ainsi que dans leur vie quotidienne, comme elle a garanti leurs institutions aux Anglophones. En un mot, la loi a pacifié notre société.

Par contre, le portrait de 2012 est très différent de celui de 1977 et il faut juger la loi 101 dans son contexte où on disait «le Québec doit être aussi français que l'Ontario est anglais», un contexte de reconquête.

Des souverainistes considèrent même que la loi 101 a tué le projet d'indépendance, en le privant de son principal carburant émotif.

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