L'opposition égyptienne juge que les concessions du président Mohamed Morsi sont insuffisantes, et appelle la population à manifester de nouveau dimanche.

Samedi, le président avait annoncé qu'il annulait son décret controversé par lequel il s'octroyait des pouvoirs renforcés.

Ce décret, qui plaçait les pouvoirs de Mohamed Morsi au-dessus de tout recours en justice, a plongé le pays dans sa crise la plus importante depuis la chute d'Hosni Moubarak.

Toutefois, le Front du salut national, principale coalition de l'opposition, exigeait non seulement le retrait de ce décret, mais aussi l'annulation du référendum du projet de constitution, soutenant qu'elle ouvre la voie à l'islamisation du pays. Le président Morsi a refusé cette concession, confirmant plutôt que les Égyptiens sont appelés aux urnes le 15 décembre.

« Cela ne fait qu'aggraver les choses », a déclaré l'un des principaux dirigeants du Front de salut national, Ahmed Saïd. « Je ne peux pas imaginer qu'après tout cela, on veuille encore faire approuver une constitution qui ne représente pas tous les Égyptiens ».

Plus tôt cette semaine, l'opposition a manifesté en masse devant le palais présidentiel pour faire pression sur le président. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les protestations ont dégénéré en violences entre les partisans et les opposants au président, faisant sept morts et des centaines de blessés.

Des avions militaires survolent la capitale

Par ailleurs, plusieurs avions de chasse ont survolé le Caire à basse altitude, dimanche, selon des journalistes sur place.

Des F-16 avaient également survolé à plusieurs reprises la capitale à très basse altitude en janvier 2011, alors que des milliers de personnes réclamaient le départ du président Hosni Moubarak dans le centre-ville.

L'armée, qui a dirigé le pays après la chute de Moubarak, est restée neutre depuis le début des tensions meurtrières provoquées par le décret de Mohamed Morsi, le 22 novembre. Appelant au dialogue, l'armée a par ailleurs indiqué samedi qu'elle « ne saurait permettre » que l'Égypte emprunte la voix de « désastre » et qu'elle était déterminée à préserver l'unité du pays.

Dans ces circonstances, certains craignent que l'armée ne profite de la crise pour s'ingérer dans la gestion du pays, tandis que d'autres estiment que cet avertissement laisse planer le doute sur une intervention militaire.