Il n'est pas question d'augmenter les taxes scolaires avant d'avoir discuté avec le gouvernement, tonnent les commissions scolaires, qui se disent déjà étouffées par des compressions budgétaires qui atteindront un demi-milliard de dollars en trois ans.

Pour la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, les réductions annoncées dans le budget péquiste pour les années 2013-2014 sont fort difficiles à digérer.

Déjà, les deux derniers budgets de l'ancien gouvernement libéral imposaient des compressions d'environ 300 millions $, et à ce montant sont venus s'ajouter les 200 millions $ de coupes inscrites au budget de l'actuel ministre des Finances, Nicolas Marceau.

Le problème, de l'avis de Mme Bouchard, est que les commissions scolaires se retrouvent devant une alternative: couper dans le système administratif ou hausser les taxes scolaires. Et puisque la proportion du budget accordée à l'administration est de 5 pour cent - ce qui en fait le plus bas taux de coût de gestion de tout l'appareil public et parapublic au Québec, selon Mme Bouchard -, alors les commissions scolaires se trouvent contraintes de piger dans les poches des contribuables.

Or ces dernières ne veulent ni porter l'odieux des compressions, ni mettre en péril l'équité des services qu'elles disent défendre. Comme l'explique Mme Bouchard, certaines commissions scolaires recueillent une quantité amplement suffisante de revenus par les taxes scolaires. C'est le cas à Montréal, notamment, où le prix élevé des maisons a nécessairement un impact sur les taxes.

En revanche, les plus petites commissions scolaires peinent à rejoindre les deux bouts. Celles-ci auront plus de difficulté à absorber les compressions, de l'avis de Mme Bouchard, et devront se tourner vers les contribuables.

"Le système d'éducation au Québec a été voté sur la valeur de l'équité, et nous voulons nous assurer que tous les enfants ont accès à la même qualité de services, lance Mme Bouchard. Nous voulons nous asseoir avec le gouvernement pour établir un nouveau pacte fiscal."

L'effort budgétaire demandé aux commissions scolaire vient notamment du manque à gagner créer par l'abandon, par le gouvernement péquiste, d'une mesure de péréquation visant à assurer le financement des commissions scolaires. Lorsque la valeur des maisons avait bondi en 2006, les taxes sur ces résidences avaient évidemment augmenté elles aussi. Le gouvernement de l'époque avait alors choisi d'alléger le fardeau des acheteurs en réduisant la taxe scolaire. Il allait ainsi combler le manque à gagner en fournissant les fonds "manquants" aux commissions scolaires. Aujourd'hui, c'est la correction de cet écart que les péquistes comptent abolir.

Le budget total des commissions scolaires du Québec est de 10 milliards $. Selon Mme Bouchard, 80 pour cent de ce montant est dédié aux salaires des enseignants, et il est donc "impossible de couper là-dedans".

Si les compressions sont appliquées, ce sont les activités des commissions scolaires qui risquent de s'en ressentir, selon elle. Ces organisations s'occupent notamment des questions liées au transport scolaire, aux bulletins, aux payes, aux conventions collectives, à l'entretien des écoles aux inscriptions et aux services de conseillers pédagogiques.

"Si on abolit tout ça, on perdra non seulement des employés, mais également le souci d'équité de distribution des services", s'inquiète Mme Bouchard.

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