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L'opposition égyptienne marche sur le palais présidentiel

07/12/2012 09:32 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST
AP
An Egyptian protester throws back a tear gas canister toward riot police, unseen, outside the U.S. embassy in Cairo, Egypt, Thursday, Sept. 13, 2012. Tens were injured in clashes in front of the U.S. embassy in Cairo, the state TV reported on Thursday, quoting Egypt's Health Ministry. (AP Photo/Nasser Nasser)

LE CAIRE, Égypte - Le gouvernement égyptien a reporté vendredi le début du vote anticipé sur le projet de Constitution controversé, une mesure qui laisse croire à une possible concession du président Mohamed Morsi pour permettre l'ouverture de négociations avec l'opposition, face aux imposantes manifestations réclamant l'annulation du référendum.

L'annonce, faite par le président de la commission électorale égyptienne, Ismaïl Hamdi, survient au lendemain de l'appel au dialogue lancé par le président Morsi, qui avait aussi accusé les manifestants encerclant le palais présidentiel d'être des agents de l'ancien régime. Jusqu'à maintenant, il n'a fait aucune concession concrète pour apaiser la crise qui a plongé l'Égypte dans un nouveau cycle de troubles.

Peu après la tombée de la nuit, vendredi, des dizaines de milliers de manifestants ont renversé les barricades de fils barbelés installés par l'armée et ont marché vers le palais présidentiel du Caire, appelant Mohamed Morsi à partir.

Des manifestants sont montés sur les chars de la Garde républicaine, tandis que des milliers d'autres affluaient à l'intérieur du périmètre de sécurité érigé par l'armée autour du palais présidentiel. Des soldats qui gardaient le secteur ont abandonné leurs positions et ont quitté les lieux.

Les manifestants exigent que le président abroge les décrets qui lui accordent des pouvoirs quasi absolus et abandonne le projet de Constitution adopté à la hâte par ses alliés islamistes, sans la présence des membres chrétiens et progressistes de la commission. La crise s'est aggravée davantage quand le président a convoqué un référendum national le 15 décembre sur le projet de Constitution.

L'opposition rejette toute négociation tant que M. Morsi n'annulera pas le référendum et les pouvoirs exceptionnels qu'il s'est attribués.

Le président de la commission électorale égyptienne a annoncé vendredi que le vote des Égyptiens expatriés, qui devait commencer samedi et durer une semaine, commencerait plutôt mercredi.

On ne sait pas très bien pour l'instant si ce report représente une concession faite aux manifestants, et si cela affectera l'échéancier global du processus référendaire.

Le ministre des Affaires juridiques, Mohammed Mansoub, a indiqué que le gouvernement étudiait plusieurs options. Ces options comprennent notamment l'annulation du référendum et le renvoi du projet de Constitution devant la commission constitutionnelle, ainsi que le démantèlement complet de la commission pour en former une autre, soit par un vote direct ou par un accord avec les différentes forces politiques, a dit M. Mansoub.

«Nous aurons une belle occasion demain», a-t-il déclaré, en référence à une rencontre entre les forces politiques et le président Morsi. «Il n'y a pas de date limite ni de référendum à l'extérieur du pays. Demain ou après-demain, nous pourrions conclure un bon accord», a-t-il affirmé.

Le vice-président égyptien, Mahmoud Mekki, a déclaré à la chaîne Al-Jazira qu'il avait contacté Mohamed ElBaradei, l'un des chefs de file de l'opposition, pour lui demander de participer au dialogue. M. ElBaradei dirige la Front du salut national, une coalition d'organisations progressistes et de groupes de jeunes qui s'opposent aux décrets présidentiels.

M. Mekki a ajouté que le référendum était toujours prévu le 15 décembre pour l'instant, jusqu'à ce qu'un accord soit conclu avec l'opposition.

En apprenant le report du vote anticipé, certains manifestants réunis près du palais présidentiel vendredi soir semblaient optimistes.

«Cela ressemble au début d'une rétractation», a estimé Mohsen Ibrahim, un médecin âgé de 56 ans. «Cela signifie que Morsi pourrait reporter le référendum. On dirait que la pression a fait son effet.»

Mais M. Ibrahim a prévenu que «si Morsi ne voit pas le nombre de gens qui manifestent, alors il répétera les mêmes erreurs qu'Hosni Moubarak», le président renversé par un soulèvement populaire en février 2011.

Mercredi, de violents affrontements autour du palais présidentiel du Caire avaient fait six morts et près de 700 blessés.

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