INTERNATIONAL - Pour la première fois, Mohamed Morsi s'est exprimé depuis le début de la crise qui touche le pays, et les violents affrontements entre ses partisans et ses détracteurs. Dans un discours en direct à la télévision jeudi 6 décembre, le président égyptien a invité l'opposition à un dialogue ce week-end et assuré qu'il respectait la liberté d'expression. Mais l'opposition égyptienne a d'ores et déjà prévu de nouvelles manifestations vendredi 7 décembre pour exiger du président Mohamed Morsi qu'il retire un décret lui accordant des pouvoirs exceptionnels.

"J'appelle tous les partis politiques à un dialogue le samedi 8 décembre au palais présidentiel", a déclaré Morsi, précisant que les discussions devraient porter sur l'élaboration d'une loi électorale et sur une feuille de route à suivre après le référendum sur le projet de Constitution qui divise le pays.

Mohamed Morsi, dans son intervention, a aussi rejeté les meurtres et les sabotages de ces derniers jours, tout en assurant que le référendum sur la Constitution du pays se tiendrait comme prévu.

Plus tôt dans la journée, l'armée égyptienne avait sommé les manifestants de quitter les abords du palais présidentiel au Caire jeudi, et avait interdit aux manifestants pro ou anti Mohamed Morsi de se rassembler près du complexe.

Les manifestants favorables au président qui observaient un sit-in devant le palais avaient commencé à ramasser leurs affaires en début d'après-midi. Dans la nuit de mercredi à jeudi, de violents heurts entre les opposants au président égyptien et ses partisans avaient fait au moins cinq morts au Caire.

L'institution égyptienne d'Al-Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite, a par ailleurs demandé jeudi à Mohamed Morsi de suspendre les pouvoirs exceptionnels qu'il s'est accordés. Le président égyptien "doit suspendre le dernier décret et cesser de l'utiliser", a déclaré l'institution théologique dans un communiqué.

L'Egypte traverse une grave crise depuis un décret du 22 novembre par lequel Mohamed Morsi, premier président islamiste d'Egypte, a étendu ses prérogatives et les a placées au dessus de tout contrôle judiciaire, une situation qui s'apparente à des pleins pouvoirs de fait.

» Les affrontements du mercredi 5 décembre au Caire en photos :

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» Le palais présidentiel encerclé par les anti-Morsi le mardi 4 décembre:

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  • Des dizaines de milliers de manifestants

    Des dizaines de milliers d'opposants au chef de l'Etat égyptien Mohamed Morsi ont encerclé mardi 4 décembre au soir le palais présidentiel au Caire.

  • Au coeur du problème, le projet de constitution...

    Le secrétaire général de l'Assemblée constitutionnelle égyptienne Amr Darrag tenant dans sa main le projet de constitution. Les opposants reprochent notamment à la nouvelle Constitution de ne pas garantir les droits des minorités.

  • .. et un décret augmentant les pouvoirs du président

    Ici un manifestant tient dans ses mains le décret présidentiel du 22 novembre, par lequel Mohamed Morsi, premier président islamiste du pays, a notamment mis ses décisions et la commission chargée de rédiger la future Constitution à l'abri de tout recours en justice.

  • Une femme prie un soldat

    Alors que les soldats du palais présidentiel l'entourent de barbelés, une femme prie.

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  • Les protestations se sont poursuivies jusque dans la soirée