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17 ans plus tard: le fameux échange de Patrick Roy à l'ère des réseaux sociaux

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PATRICK ROY
PC

Le 2 décembre 1995, Patrick Roy jouait son dernier match dans l’uniforme du Canadien de Montréal. Ulcéré par la décision de Mario Tremblay, qui l’a retiré des buts après que les Red Wings de Détroit aient compté neuf buts, le gardien est retourné aux banc, défiant son entraineur du regard avant d'aller voir le président de l’équipe, Ronald Corey, pour lui dire qu’il venait de jouer son dernier match avec le CH. Quatre jours plus tard, le directeur général, Réjean Houle, l’a échangé à l’Avalanche du Colorado, avec qui Roy allait remporter la Coupe Stanley.

17 ans plus tard, quel souvenir gardent le public et les médias de son départ précipité? Comment la Sainte Flanelle a-t-elle évolué depuis l’un des pires échanges de l’histoire? Que ce serait-il produit si un tel événement avait eu lieu à l’ère des réseaux sociaux?

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Patrick Roy n’aura joué que 22 matchs sous les ordres de Mario Tremblay. Aux yeux de Luc Gélinas, journaliste sportif à RDS, les tensions entre « Casseau » et le « Bleuet bionique » étaient perceptibles depuis longtemps. « Le jour où Mario Tremblay et Réjean Houle ont remplacé Jacques Demers et Serge Savard, Patrick a raconté qu’il avait entendu la nouvelle en se réveillant et qu’il était allé prendre une douche froide pour être certain d’avoir bien compris. Même avant le premier match, il laissait planer qu’il ne croyait pas trop à la nomination de Tremblay. »

Albert Ladouceur, journaliste sportif au Journal de Québec, croit également que Roy n’a pas apprécié d’être traité comme les autres joueurs. «Patrick avait beaucoup de respect pour Jacques Demers, qui l’avait mis sur un piédestal, mais Mario Tremblay préférait mettre tous les joueurs sur un pied d’égalité.» Gélinas abonde dans le même sens. «À l’époque où Tremblay jouait avec Guy Lafleur et Steve Shutt, les joueurs gagnaient en équipe. Mais Patrick ne voulait pas se faire dicter sa conduite.»

LA MALÉDICTION DE SAINT-PATRICK

En voyant les gardiens Thibault, Théodore, Jablonski, Moog, Hackett, Garon, Huet, Aebischer et Halak succéder à Patrick Roy sans rester à Montréal, l'éditorialiste du journal The Gazette, Jack Todd, parle de la «malédiction de Saint-Patrick».

Pour Ladouceur, l’événement est aujourd’hui le symbole de la déchéance du Canadien. «Houle et Tremblay n’avaient pas ce qu’il fallait pour gérer cette crise énorme. Il fallait calmer Patrick, ne pas se plier à sa demande immédiatement et évaluer son travail. Si on décidait quand même de l’échanger, il fallait s’arranger pour avoir de bons joueurs en retour. L’équipe lui a tourné le dos trop rapidement et plusieurs autres mauvaises décisions ont suivi.»

Le journaliste de Québec précise toutefois que Patrick Roy était une patate chaude pour l’organisation, bien avant le fameux match. «Avant d’être congédié, Serge Savard avait prévu échanger Patrick aux Nordiques de Québec, en retour d’Owen Nolan et de Stéphane Fiset. La transaction a été annulée lorsque Savard et Demers ont été remerciés. La confiance était brisée et avec ce qui s’est passé, le Canadien était en position de faiblesse avec Roy. Toute l’Amérique avait été témoin de sa montée de lait.»

UNE EXPLOSION DANS LES MÉDIAS

Gélinas se rappelle très bien où il se trouvait quand le fameux évènement s’est produit. «J’étais dans la salle des nouvelles à RDS, et c’était la commotion. On mettait l’extrait au ralenti pour savoir ce que Patrick avait dit. Tous les journalistes étaient sur un pied d’alerte. Patrick ne voulait pas commenter. On sentait qu’un échange allait se faire, mais on ne savait pas quand. Tout le monde au Québec parlait de ça. Si les réseaux sociaux avaient existé, c’aurait été complètement fou !»

LA FOLIE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

Bruno Guglielminetti, directeur de la communication numérique au Cabinet de relations publiques National, est d’avis qu’un tel événement aurait généré une vague sur les médias sociaux. «Une capture vidéo de la séquence aurait vite été disponible sur You Tube. En analysant l’échange de regards, le froid et la tension, les amateurs auraient vite réagi sur Twitter et Facecook pour y aller de leurs interprétations. Tous les scénarios auraient été évalués et la machine à rumeurs aurait démarré bien avant les premiers communiqués de presse. Peut-être même que Roy et Tremblay se seraient exprimés sur les réseaux sociaux, comme les athlètes d’aujourd’hui qui se défoulent sur Twitter et qui doivent vivre avec les conséquences.»

Si d’éventuelles pages Facebook étaient créées pour appuyer ou empêcher le départ d’un joueur, Gulielminetti croit que la pression populaire pourrait influencer en partie la direction de l’équipe. Une hypothèse que réfute pourtant Luc Gélinas. «Les dirigeants se foutent complètement des amateurs. On le voit encore plus avec le lock-out cette année. De toute façon, Patrick Roy voulait partir. Rien ne l’aurait fait changer d’avis.»

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