André Boisclair renonce à son poste de sous-ministre (VIDÉO/TWITTER)

Publication: Mis à jour:

QUÉBEC - Admettant qu'elle avait sous-estimé la nécessité de changement dans la façon de gouverner, la première ministre Pauline Marois a annoncé jeudi qu'elle avait convenu avec André Boisclair qu'il abandonnera sa permanence dans la fonction publique.

La double nomination dont avait bénéficié M. Boisclair le mois dernier avait suscité la controverse au cours des derniers jours.

En plus de son poste de délégué général du Québec à New York, M. Boisclair avait aussi été nommé sous-ministre adjoint.

Après avoir convoqué la presse à la hâte juste avant la période des questions, jeudi, Mme Marois a affirmé que le tollé soulevé par cette décision avait provoqué une prise de conscience.

"À la suite de ce débat, j'ai discuté de la question avec M. Boisclair (mercredi), et nous avons convenu qu'il renoncerait à son statut d'employé permanent de la fonction publique, a-t-elle dit. Je dois dire que ce débat m'a permis de mesurer encore mieux l'ampleur des attentes des Québécois pour un changement de cap dans la façon de gouverner."

Du même souffle, Mme Marois a plaidé pour la nécessité d'avoir des nouvelles balises pour encadrer ce type de nominations qui permettent à des personnes qui ne sont pas des salariés de l'État d'être nommées par le conseil des ministres à des postes de la haute fonction publique.

Un comité formé de trois personnes sera prochainement nommé par Mme Marois afin d'étudier cette question, a annoncé la première ministre jeudi.

"Pour répondre à la forte demande de la population, il nous faut édicter de nouvelles balises, prévisibles et marquées du sceau de l'intégrité pour ce type de nominations", a-t-elle dit.

Le gouvernement avait déjà été accusé d'effectuer une nomination partisane, après l'accession de l'ancien député Nicolas Girard à la présidence de l'Agence métropolitaine des transports.

Mme Marois a admis qu'elle était convaincue, jusqu'au débat qui a éclaté cette semaine, que la double nomination de M. Boisclair, une décision exceptionnelle, ne posait aucun problème.

"J'étais convaincue qu'il n'y avait aucun problème à ce qu'il intègre la fonction publique de façon permanente, a-t-elle dit. Je reste convaincue qu'il a tout le talent, les compétences et l'expérience pour ce faire, mais j'ai entendu le point de vue différent qu'ont des gens et que des gens portent sur cette situation et je ne veux absolument pas que mon gouvernement soit attaqué sur des questions d'éthique."

Mme Marois a soutenu qu'elle ne voit pas ce revirement comme un recul, repoussant ainsi les questions des journalistes à ce sujet.

"Merci de me dire que je recule, a-t-elle dit ironiquement à une reporter. Il me semble que vous devriez me dire: "c'est formidable, vous êtes capable d'écouter les gens"."

Au moment de négocier son embauche au poste de délégué général, M. Boisclair avait exigé une permanence dans la fonction publique pour s'assurer d'une certaine sécurité d'emploi.

L'annonce de sa nomination à New York, le 7 novembre, omettait toutefois qu'il accédait simultanément à un poste de sous-ministre adjoint, une information révélée par un reportage cette semaine.

À lire aussi sur le HuffPost Québec

La twittosphère réagit au renoncement d'André Boisclair
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction

Sur le web

Québec voulait « donner une sécurité contre un sacrifice » à Boisclair

Nomination d'André Boisclair: débats houleux à l'Assemblée nationale

André Boisclair dans la controverse

Nomination de Boisclair: les péquistes sur la défensive