INTERNATIONAL - Des milliers de partisans du président égyptien Mohamed Morsi ont chassé mercredi 5 décembre les opposants qui campaient devant le palais présidentiel au Caire.

Une "opération" en fin d'après-midi qui s'est déroulée non sans affrontements, violents, entre les deux camps, qui se sont jetés des cocktails molotov et des pierres, alors que des voitures étaient incendiées et des tirs entendus. Des blessés sont à déplorer ont constaté des photographes de l'AFP sur place.

La police anti-émeutes est intervenue en début de soirée pour tenter de séparer les opposants.

"Le régime perd de sa légitimité jour après jour", a déclaré l'opposant Mohamed ElBaradei au nom d'une coalition de l'opposition, en faisant porter à Mohamed Morsi l'"entière responsabilité" de ces violents affrontements.

En milieu d'après-midi, les partisans de Mohamed Morsi, répondant à un appel à manifester des Frères musulmans, avaient commencé à pourchasser les anti-Morsi, provoquant des heurts mineurs et des jets de pierres. Les anti avaient été contraints de prendre la fuite des alentours du palais présidentiel, selon un photographe de l'AFP.

Les pro-Morsi, qui scandaient "Le peuple veut nettoyer la place" et "Morsi est légitime", avaient alors pris place devant les murs du palais alors que certains manifestants hostiles au président se trouvaient à une centaine de mètres plus loin.

Le référendum maintenu

Au même moment, le vice-président égyptien Mahmoud Mekki annonçait devant les journalistes au palais présidentiel que l'organisation d'un référendum contesté sur un projet de Constitution serait maintenue.

Le référendum "se tiendra à la date prévue" du 15 décembre, a-t-il dit en invitant l'opposition à mettre par écrit ses critiques contre certains articles du projet pour qu'elles soient examinées. Mais il a souligné que cette dernière initiative était "une idée personnelle et non une initiative officielle".

Le projet de Constitution est accusé par l'opposition majoritairement laïque et libérale de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, et d'ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.

Mardi soir, des dizaines de milliers d'opposants avaient assiégé la présidence, ce qui ne s'était jamais produit même pendant la révolte qui avait entraîné la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011. Des centaines d'entre eux avaient campé durant la nuit devant le palais. (voir le 2e portfolio plus bas)

Les adversaires de Mohamed Morsi rejettent le décret du 22 novembre, qui a élargi ses pouvoirs et les a placés au dessus de tout recours judiciaire, provoquant la fronde d'une grande partie de la magistrature.

Les affrontements du mercredi 5 décembre au Caire en photos

Loading Slideshow...

Le palais présidentiel encerclé le mardi 4 décembre

Loading Slideshow...
  • Des dizaines de milliers de manifestants

    Des dizaines de milliers d'opposants au chef de l'Etat égyptien Mohamed Morsi ont encerclé mardi 4 décembre au soir le palais présidentiel au Caire.

  • Au coeur du problème, le projet de constitution...

    Le secrétaire général de l'Assemblée constitutionnelle égyptienne Amr Darrag tenant dans sa main le projet de constitution. Les opposants reprochent notamment à la nouvelle Constitution de ne pas garantir les droits des minorités.

  • .. et un décret augmentant les pouvoirs du président

    Ici un manifestant tient dans ses mains le décret présidentiel du 22 novembre, par lequel Mohamed Morsi, premier président islamiste du pays, a notamment mis ses décisions et la commission chargée de rédiger la future Constitution à l'abri de tout recours en justice.

  • Une femme prie un soldat

    Alors que les soldats du palais présidentiel l'entourent de barbelés, une femme prie.

  • 000_Nic6162173

  • Les protestations se sont poursuivies jusque dans la soirée