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Denis Brière dénonce les compressions imposées aux universités

05/12/2012 01:00 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST

Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, s'explique mal les compressions budgétaires de 5 % imposées aux universités par le gouvernement Marois. Selon lui, cette mesure est irréaliste.

Pour l'Université Laval, les compressions demandées représentent une somme de 21 millions de dollars d'ici le mois de mars. Ce montant équivaut au financement de 2000 étudiants.

Selon Denis Brière, cette coupure est pratiquement impossible à appliquer. « C'est irréaliste de pouvoir penser que l'Université Laval peut couper 21 millions dans son budget. C'est une coupure que l'on considère rétroactive parce qu'on est en pleine exécution de notre budget. »

Le recteur ajoute que le budget de l'Université Laval a déjà été révisé trois fois depuis le début du conflit étudiant. Des sommes sont déjà engagées, dit-il, et il n'y a plus de place pour d'autres compressions.

L'Université Laval reçoit environ 40 millions par année en subventions. Denis Brière affirme que les budgets ont été coupés de 13 % depuis cinq ans, soit de près de 64 millions de dollars. « Alors, c'est sûr que les efforts, on les a faits », insiste-t-il.

Boycott en vue?

Les compressions annoncées par le ministre de l'Éducation remettent en question la pertinence de tenir un Sommet sur l'éducation supérieure dans ces conditions, estime M. Brière. Ce dernier croit que la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) pourrait décider de ne pas s'y présenter.

« Les recteurs prendront la décision », soutient M. Brière en précisant que la CREPUQ tient son conseil d'administration jeudi à Montréal. « Ce sera le sujet de l'heure, poursuit-il. Notre participation au sommet va certainement être discutée. »

Le recteur de l'Université Laval confie que les intervenants étaient unanimes à la sortie de la première rencontre préparatoire au Sommet sur l'éducation supérieure, à savoir qu'il manquait de professeurs pour assurer la qualité de l'enseignement dans les universités.

Réactions sur le campus

La nouvelle des compressions budgétaires dans les universités est accueillie avec étonnement et appréhension par plusieurs étudiants de l'Université Laval.

« Dans le contexte du Sommet sur l'éducation, je trouve ça un peu précipité parce qu'il me semble que ça aurait pu être intéressant de proposer des solutions pour permettre de mieux financer et de mieux gérer les universités. On dirait qu'on coupe avant même de réfléchir », a affirmé une étudiante.

Les cégeps ont aussi été prévenus qu'ils devraient se serrer la ceinture.

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