INTERNATIONAL - "Si vous commettez l'erreur tragique d'utiliser ces armes, il y aura des conséquences et vous en répondrez", a prévenu lundi Barack Obama lors d'une allocution à Washington, en s'adressant à son homologue syrien Bachar al-Assad.

"Le recours à des armes chimiques est et serait totalement inacceptable", a poursuivi le président américain. Un responsable américain a affirmé lundi à la presse que Damas était en train de mélanger les composants nécessaires à la militarisation du gaz sarin. "Plusieurs indices nous laissent penser qu'ils sont en train de mélanger des précurseurs chimiques", a révélé à l'AFP un responsable américain sous couvert d'anonymat.

Regardez l'intervention de Barack Obama

La "ligne rouge"

À Prague, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a tenu à adresser un "avertissement très sévère" aux dirigeants syriens. Les Etats-Unis sont "inquiets à l'idée qu'un régime de plus en plus assiégé (...) réfléchisse à l'utilisation d'armes chimiques contre les Syriens", a renchéri le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney. Pour Washington, l'utilisation d'armes chimiques constituerait le franchissement d'une "ligne rouge".

La Jordanie, frontalière de la Syrie, a jugé par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Nasser Judeh, en visite à Washington, que l'usage de ces armes "changerait la donne" et provoquerait une intervention internationale. Mais Damas a aussitôt "réaffirm(é) qu'elle ne fera pas usage de ce genre d'armes, si elle en possède, contre son peuple", selon une source au ministère des Affaires étrangères citée par l'agence de presse officielle Sana.

Le gaz sarin est un puissant neurotoxique qui provoque une paralysie complète puis la mort. Ses précurseurs chimiques sont stockés séparément pour éviter tout accident, le fait de les mélanger constitue une étape vers sa militarisation. Inventé par les nazis, le gaz sarin avait notamment été utilisé par les membres de la secte Aum Vérité Suprême pour l'attentat du 20 mars 1995 dans le métro de Tokyo (13 morts). "Considéré comme l'un des poisons les plus toxiques jamais mis au point par l'homme, le sarin est incolore et quasi-inodore", note Le Parisien.

L'ONU et l'UE rappellent leurs délégations, l'OTAN menace

Sans que l'on sache si la décision est liée à l'annonce du responsable américain, l'ONU a annoncé qu'elle suspendait ses opérations en Syrie et retirait son "personnel non essentiel" en raison de la dégradation de la sécurité. Un mouvement suivi par l'Union européenne qui a décidé de réduire sa délégation au minimum. Selon Irin, l'agence de presse de l'ONU, les Nations unies ont aussi suspendu tous les déplacements en dehors de Damas et retiré certaines agences de la ville d'Alep (nord), toujours le théâtre de combats entre l'armée et les rebelles.

Mardi, l'OTAN a estimé que l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien entraînerait une "réaction internationale immédiate" de la communauté internationale. "Une utilisation éventuelle d'armes chimiques serait totalement inacceptable pour la communauté internationale. Je m'attends à une réaction immédiate" si c'était le cas, a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan à Bruxelles.

41.000 morts depuis mars 2011

"La situation sécuritaire est devenue extrêmement difficile, y compris à Damas", a expliqué Radhouane Nouicer, coordinateur de l'aide humanitaire en Syrie, cité par Irin. Les combats se sont de fait étendus récemment aux abords de l'aéroport de Damas, où les vols ont dû être suspendus, et les liaisons téléphoniques et internet ont été interrompues pendant 48 heures. L'artillerie et l'aviation syriennes ont bombardé les quartiers sud de Damas et sa banlieue, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), proche de l'opposition, et un chasseur MiG a été abattu.

Le journal syrien proche du pouvoir, Al-Watan, avait promis dimanche "l'enfer" à ceux qui songeraient à attaquer Damas. Lundi, il faisait état de nouvelles "opérations de qualité de l'armée" qui a tué de nombreux "terroristes".

À la lisière de la Turquie, au moins 12 personnes, dont huit rebelles jihadistes, ont été tués dans un raid aérien à Ras al-Aïn, selon l'OSDH, qui a dénombré pour lundi 86 morts dont 32 civils, 32 rebelles et 22 soldats. L'OSDH a recensé plus de 41.000 morts depuis mars 2011.

Des images des victimes de la crise syrienne compilées par nos collègues du HuffPost américain
Loading Slideshow...
  • A Syrian boy who fled with his family from the violence in their village, cries as he waits to fill water at a displaced camp, in the Syrian village of Atma, near the Turkish border with Syria, Monday, Nov. 5, 2012. (AP Photo/ Khalil Hamra)

  • A Syrian baby cries as he lays on a swing attached to a tree at a displaced camp, in the Syrian village of Atma, near the Turkish border with Syria, Monday, Nov. 5, 2012. (AP Photo/ Khalil Hamra)

  • A Syrian boy who fled with his family from the violence in their village, stands next to a tent at a displaced camp, in the Syrian village of Atma, near the Turkish border with Syria, Monday, Nov. 5, 2012. (AP Photo/ Khalil Hamra)

  • A Syrian boy who fled with his family from the violence in their village, carries water bottles at a displaced camp, in the Syrian village of Atma, near the Turkish border with Syria, Monday, Nov. 5, 2012. (AP Photo/ Khalil Hamra)

  • A Syrian girl who fled with her family from the violence in their village, rests at a displaced camp, in the Syrian village of Atma, near the Turkish border with Syria, Monday, Nov. 5, 2012. (AP Photo/ Khalil Hamra)

  • A Syrian girl who fled with her family from the violence in their village, washes clothes at a displaced camp, in the Syrian village of Atma, near the Turkish border with Syria, Monday, Nov. 5, 2012. (AP Photo/ Khalil Hamra)

  • A Syrian girl who fled with her family from the violence in their village, washes clothes at a displaced camp, in the Syrian village of Atma, near the Turkish border with Syria, Monday, Nov. 5, 2012. (AP Photo/ Khalil Hamra)

  • A Syrian boy who fled with his family from the violence in their village, sits on a swing at a displaced camp, in the Syrian village of Atma, near the Turkish border with Syria. Monday, Nov. 5, 2012. (AP Photo/ Khalil Hamra)

  • Syrian girls who fled from the violence in their village, wash their clothes at a displaced camp, in the Syrian village of Atma, near the Turkish border with Syria, Monday, Nov. 5, 2012. (AP Photo/ Khalil Hamra)

  • Tow Syrian girls who fled with their family from the violence in their village, sit in front of a fire next to their tent at a camp, in the Syrian village of Atma, near the Turkish border with Syria, Sunday, Nov. 4, 2012. (AP Photo/ Khalil Hamra)

  • A Syrian boy holds remains of a mortar and shells which are allegedly fired by Syrian Army as mourners carry the coffin of 13-year-old Ahmad bin Muhsin Qarush during his funeral on March 24, 2012 who was reportedly killed two days earlier in shelling by regime forces in the northwestern city of Sermin. (Ricardo Garcia Vilanova/AFP/Getty Images)