Le gouvernement a négocié avec André Boisclair « une sécurité », explique le ministre des Relations internationales Jean-François Lisée, contre le « sacrifice personnel » qu'impliquait sa nomination à titre de délégué général du Québec à New York.

Lorsqu'on lui a offert le poste de délégué, André Boisclair a exposé qu'il devrait abandonner ses fonctions de consultant s'il acceptait et que cela le forcerait à perdre la clientèle qu'il avait bâtie jusque-là.

C'est pourquoi, dit le ministre Lisée, le gouvernement l'a également nommé sous-ministre adjoint au ministère des Relations internationales. Cette deuxième nomination lui permettra de rester employé du gouvernement une fois son mandat terminé aux États-Unis.

« Pas nécessairement » une nouvelle pratique du PQ

Jean-François Lisée dit que les doubles nominations ne vont pas nécessairement devenir une pratique pour le gouvernement péquiste, comme cela est le cas à Ottawa, mais il ajoute que « dans le cas de M. Boisclair, on a considéré que sa demande était légitime ».

M. Lisée cite notamment comme exemple la nomination de l'ancien député fédéral Lawrence Cannon au poste d'ambassadeur du Canada à Paris. Celui-ci a été nommé ambassadeur tout en devenant sous-ministre adjoint, précise le ministre.

Vérification faite auprès des autorités fédérales, Lawrence Cannon a été nommé par le gouverneur en conseil pour un mandat de cinq ans et il n'est pas devenu fonctionnaire de l'État canadien.

La première ministre du Québec Pauline Marois n'en a pas moins défendu mardi l'ancien chef péquiste dont les nouvelles fonctions cumulées sont comparées à un « parachute doré » et à du « double dipping » par le député caquiste Gérard Deltell.

La première ministre a assuré que personne ne pouvait remettre en doute les qualités et les compétences de M. Boisclair. « Je crois qu'il était tout à fait prédestiné et capable d'accomplir la tâche qu'on lui confie. Et je crois aussi qu'il a tous les talents qu'il faut pour continuer à servir le Québec au sein de la fonction publique dans les fonctions qu'on pourra bien lui confier par la suite », a dit Mme Marois en conférence de presse.

En intégrant la fonction publique à titre de haut fonctionnaire auprès du ministère des Relations internationales, M. Boisclair accède au régime de pension des administrateurs d'État. Il obtient aussi l'assurance d'un revenu annuel indexé d'environ 170 000 $ et le droit à sa pleine retraite, sans pénalité actuarielle, dès l'âge de 55 ans.

L'opposition dénonce un manque de transparence

Rarement d'anciens politiciens qui sont nommés délégués généraux dans un bureau de la diplomatie québécoise sont également nommés sous-ministres adjoints.

Or, les deux principaux partis d'opposition dénoncent un manque de transparence du gouvernement à ce sujet, puisque la nomination à titre de sous-ministre adjoint de M. Boisclair n'avait pas été mentionnée dans le communiqué de presse du gouvernement du Québec émis le 7 novembre dernier.

« Nulle part il n'était mentionné qu'il obtenait un emploi à vie comme fonctionnaire. Ce sont de vieilles façons de faire qu'on avait vues avec le Parti libéral qui se poursuivent avec le Parti québécois », a affirmé mardi le chef de la CAQ, François Legault.

Le Cabinet de la première ministre Pauline Marois aurait dû publiciser cette double nomination exceptionnelle dans ce communiqué, a reconnu mardi le ministre Jean-François Lisée.

« Je ne pense pas qu'il y ait aucune volonté de camouflage puisque de toute façon ça allait sortir », précise toutefois le ministre. « Je pense qu'en communicateur ça aurait été de la meilleure communication de le faire le même jour ».

Pour sa part, Québec solidaire a dénoncé sans réserve cette double nomination, y voyant un cas patent de traitement de faveur.

En point de presse, la députée de Québec solidaire, Françoise David, a soutenu que cette double nomination était indécente, d'autant plus que M. Boisclair touchera les avantages liés à son nouveau poste au moment même où il jouit aussi de sa pension de député. Elle demande à M. Boisclair de renoncer à sa nomination en tant que sous-ministre.

Ancien ministre de l'Environnement, puis chef du Parti québécois, M. Boisclair a travaillé comme consultant en développement stratégique et en affaires publiques, notamment auprès de l'entreprise gazière Questerre Energy.

Décret concernant la nomination d'André Boisclair

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  • Un gouvernement du Parti québécois ne <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/06/pq-integrite-elus_n_1749328.html" target="_hplink">demandera pas à ses élus de remplir la caisse électorale</a>, pas plus à ses ministres qu'à ses députés. L'effort reposera sur les militants.

  • Le Parti québécois a <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/04/soins-domicile-parti-quebecois_n_1742718.html" target="_hplink">promis la création d'une politique nationale de soins et de services à domicile</a>. Pauline Marois veut regrouper et augmenter les services offerts aux personnes en perte d'autonomie qui souhaitent rester à la maison. La chef péquiste a promis d'ajouter 120 millions de dollars aux 380 millions déjà prévus par le gouvernement, pour atteindre une enveloppe de 500 millions d'ici cinq ans.

  • <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/03/marois-pq-banque-developpement-quebec_n_1737944.html" target="_hplink">Création d'une Banque de développement économique du Québec</a> dont le mandat serait de soutenir la croissance, d'aider les entreprises à démarrer, surtout en région et dans le domaine de l'économie sociale, en leur donnant accès à du capital de risque.

  • La chef du Parti québécois <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/13/parti-quebecois-garderies-place-enfant_n_1772776.html" target="_hplink">«garantit» une place en garderie pour tous les enfants qui en ont besoin d'ici la fin du premier mandat d'un gouvernement péquiste</a>. Le PQ maintiendra le tarif à 7$ jusqu'à ce que l'objectif d'une place par enfant soit atteint.

  • Pauline Marois a promis de<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/02/charest-parle-economie-adversaires-le-ciblent_n_1733168.html" target="_hplink"> tenir un vaste sommet sur la gestion et le financement des universités</a> et d'abroger la loi 78, que la leader souverainiste juge «ignoble».

  • Un gouvernement Marois <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/02/charest-parle-economie-adversaires-le-ciblent_n_1733168.html" target="_hplink">embauchera 600 professionnels supplémentaires d'ici 2015 afin de contrer le décrochage scolaire</a>. Le PQ évaluera aussi la possibilité d'implanter dans les milieux défavorisés la maternelle à quatre ans à temps plein, et verra à renforcer l'autonomie des établissements scolaires.

  • Un gouvernement péquiste <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/09/pauline-marois-pq-fonds-protection-entreprises_n_1760351.html" target="_hplink">reviendra à une forme de nationalisme économique à la Caisse de dépôt</a> en créant un fonds d'investissement stratégique de 10 milliards $, pour protéger les entreprises contre les prises de contrôle étrangères.

  • Pauline Marois a promis de faire <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/14/pq-propose-une-charte-laicite_n_1775508.html" target="_hplink">adopter une charte de la laïcité</a> dans les services publics advenant l'élection de son parti. La charte reposerait sur les principes de neutralité de l'État et de prépondérance de l'égalité entre les femmes et les hommes.