Vote sur le drapeau canadien: il va rester au salon rouge

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DRAPEAU CANADIEN SALON ROUGE
Presse canadienne

QUÉBEC - Grâce à la Coalition avenir Québec (CAQ), le drapeau du Canada restera bien présent à l'Assemblée nationale.

Le gouvernement souverainiste minoritaire de Pauline Marois a échoué mardi dans sa tentative de faire disparaître l'unifolié du décor de la salle du conseil législatif.

Cette vaste pièce, aussi appelée Salon rouge, est utilisée pour des activités protocolaires en plus d'être le théâtre de commissions parlementaires.

Soumise au vote des parlementaires, la motion _ «Que le drapeau canadien soit retiré de la salle du Conseil législatif en tout temps lors des travaux parlementaires» _ a été battue à 65 voix contre 53.

Les députés de la CAQ ont fait front commun avec leurs collègues du Parti libéral du Québec (PLQ) contre le retrait du drapeau, alors que les deux représentants de Québec solidaire (QS) ont appuyé la motion avec les députés du Parti québécois (PQ).

En guise de dérision, les élus péquistes ont chahuté leurs vis-à-vis de la CAQ lorsque ces derniers se sont levés un à un en Chambre pour voter aux côtés des libéraux.

«Je les ai vus se lever un par un et j'espère que leurs électeurs dans des circonscriptions souvent nationalistes et souvent souverainistes les ont vus se lever et exprimer une position ultrafédéraliste. (...) C'est sombre et un peu honteux comme geste», a lancé le péquiste Yves-François Blanchet à l'issue du vote de l'Assemblée nationale.

À titre de whip en chef du gouvernement, M. Blanchet _ nommé mardi ministre de l'Environnement _ avait présenté le 15 novembre dernier au président de l'Assemblée nationale une requête visant à remiser l'unifolié au placard.

À l'appui de sa requête, le député de Johnson faisait valoir que la présence du drapeau canadien au parlement québécois est une addition tardive sans assise historique. En effet, la feuille d'érable n'est apparue au Salon rouge que sous le deuxième gouvernement libéral de Robert Bourassa dans les années 1980.

Mis au fait des visées péquistes, libéraux et caquistes avaient aussitôt enfourché le cheval de bataille en faveur du drapeau du Canada et la question a été renvoyée au vote des parlementaires.

Pour le député Blanchet, la présence de l'unifolié dans le foyer de la démocratie québécoise _ confortée par le vote majoritaire de la Chambre _ est un recul pour le Québec.

«La tradition, les règles de pavoisement, notre dignité de dire que notre parlement n'appartient qu'à nous, qu'il en avait toujours été ainsi, c'est une espèce de recul qui est imposé à l'Assemblée nationale du Québec», a-t-il dit.

Quant à lui, le chef caquiste François Legault a senti le besoin de justifier le vote de ses troupes et semblait plutôt empressé de tourner la page sur cet épisode.

«La CAQ est une coalition de souverainistes et de fédéralistes. Il y a des fédéralistes qui croient beaucoup au Canada et je pense que (la question du drapeau) n'est vraiment pas une priorité. Tout le monde va convenir qu'avec les histoires de corruption, de mauvaise gestion, avec les problèmes économiques, ce n'est pas le temps de se préoccuper des drapeaux», a-t-il déclaré.

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