Sans surprise, la Banque du Canada maintient son taux de financement à un jour à 1 %, en raison d'une croissance modeste et de perspectives économiques incertaines.

Au troisième trimestre, le PIB réel a augmenté de 0,6 % en taux annualisé au Canada, notamment en raison du recul des exportations et des investissements des entreprises, révélait la semaine dernière Statistique Canada.

La Banque du Canada explique ce ralentissement de la croissance essentiellement par des « perturbations temporaires au sein du secteur de l'énergie ». L'institution s'attend toujours à ce que la « croissance s'accélère au cours de 2013 ».

En octobre, la Banque du Canada tablait sur une croissance de 2,2 % du PIB canadien cette année, de 2,3 % pour 2013 et de 2,4 % l'année suivante.

Le message de la banque centrale reste le même, souligne l'économiste Peter Douglas de la BMO; une hausse du taux directeur est à prévoir éventuellement pour atteindre la cible d'inflation de 2 %.

Le spectre de la récession

Doug Porter, économiste à la Banque de Montréal, affirme que la crise budgétaire qui menace les États-Unis pourrait inciter Mike Carney à faire une lecture différente de la situation. Doug Porter soutient que, tant le Canada que les États-Unis pourraient replonger en récession dans la foulée des compressions et des hausses d'impôt qui pourraient entrer en vigueur dès janvier, aux États-Unis.

Pendant que démocrates et républicains cherchent un compromis à Washington, à Ottawa, les décideurs politiques appréhendent ce que Doug Porter qualifie d'éventuel déraillement.

La dernière fois que la Banque du Canada a changé son taux directeur, c'était en septembre 2010, lorsqu'il était passé de 0,75 % à 1 %.

À la recherche d'un nouveau gouverneur

Avec le départ annoncé de Mark Carney à la tête de la Banque du Canada, qui dirigera la banque centrale d'Angleterre dès juillet, l'institution canadienne doit se trouver un autre dirigeant. La semaine dernière, le ministre des Finances, Jim Flaherty, précisait que le conseil d'administration de la Banque du Canada allait créé un comité spécial pour recruter le neuvième gouverneur de la Banque du Canada.

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  • 1. LA DETTE DES MÉNAGES

    La dette des ménages canadiens a atteint au nouveau sommet au troisième trimestre, incitant le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, à sonner l'alarme contre le plus grand risque interne à l'économie. Les Canadiens doivent près de 1,51 $ pour chaque dollar qu'ils gagnent, soit davantage que les Américains.

  • 2. LA PIÈGE DE LA CONSOMMATION

    Malgré leur endettement, les Canadiens continuent de consommer... avec de l'argent emprunté. Et ce, notamment parce que les taux d'intérêt sont bas, l'emploi demeure stable et que les Canadiens ne sentent pas la soupe chaude. Une arme à double tranchant, puisque la consommation soutient néanmoins l'économie. (FREDERIC J. BROWN/AFP/Getty Images)

  • 3. LES PROBLÈMES DE LA ZONE EURO

    Quand la Banque TD a revu ses prévisions de croissance à la baisse, elle a mis en cause les difficultés de la zone monétaire européenne comme l'un des principales raisons. Presque toute l'Europe devrait entrer en récession pour le première moitié de l'année. Le Canada devrait subir les contrecoups avec la baisse de la demande pour ses matières premières et ses produits d'exportation. Le marché de l'emploi devrait aussi en souffrir. (ERIC FEFERBERG/AFP/Getty Images)

  • 4. L'ESSOUFFLEMENT DE LA CHINE

    Les signes de ralentissement en Chine se multiplient, en raison des dettes des gouvernements locaux, de l'essoufflement de la production industrielle, de même que le marché immobilier. Ce ne sera pas la catastrophe, mais quand la Chine, devenue deuxième puissance industrielle, a le rhume, c'est tout l'Occident qui éternue. (Aaron tam/AFP/Getty Images)

  • 5. L'ACCROISSEMENT DES INÉGALITÉS

    Le fossé entre riches et pauvres se creuse au pays, et les analystes préviennent que la stagnation des revenus des ménages fera mal à l'économie. Même si l'écart n'est pas aussi grand qu'aux États-Unis, le pouvoir d'achat des Canadiens s'en trouve diminué. (ADRIAN DENNIS/AFP/Getty Images)