«Une dernière chance»: le dur parcours des demandeurs d'asile gais au Canada (PHOTOS)

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(Getty Images) | Getty Images

MONTRÉAL - Afin de souligner la Journée internationale des droits de l'homme, lundi prochain, l'Office national du film du Canada (ONF) offrira gratuitement en ligne le documentaire «Une dernière chance» de Paul Émile d'Entremont, qui relate le parcours de victimes d'homophobie cherchant refuge en sol canadien.

Fruit de six années de travail, «Une dernière chance» présente Trudi, Carlos, Jennifer, Zaki et Alvaro, cinq personnes ayant subi diverses formes de violence dans leur pays d'origine en raison de leur orientation sexuelle, et souhaitant immigrer au Canada afin de pouvoir vivre librement.

À l'origine de ce projet: la réponse d'un chauffeur jordanien à une question posée par l'un des collègues du cinéaste durant le tournage de son précédent film, «Reema, aller-retour».

«Nous étions en Jordanie et mon directeur photo, qui parlait l'arabe et savait que je suis moi-même gay, a demandé à notre chauffeur s'il y avait des homosexuels dans son pays, juste pour voir ce qu'il dirait», raconte M. D'Entremont en entrevue téléphonique.

«L'homme a réfléchi un instant avant de répondre qu'il n'y en avait aucun. Je savais déjà qu'il y avait plein de pays dans le monde où c'était très difficile d'être homosexuel mais, pour moi, ç'a été un petit peu le déclencheur.»

En faisant des recherches, le cinéaste basé à Halifax s'est rapidement rendu compte que beaucoup de gens demandaient l'asile au Canada en raison de leur orientation sexuelle. Le gouvernement canadien compte d'ailleurs parmi les premiers au monde à avoir accordé le statut de réfugié pour ce motif.

Afin de trouver ses protagonistes, Paul Émile d'Entremont a fait appel à des militants des droits des homosexuels, qui l'ont notamment mis sur la piste de Trudi, une Jamaïcaine battue et violée en raison de son homosexualité, et de Jennifer, une Libanaise transsexuelle rejetée par sa famille.

Dénicher des participants était plus compliqué parce que ceux-ci devaient prêts à s'engager dans un processus de longue haleine.

«C'est une chose d'accepter de témoigner une fois, c'en est une autre d'accepter de témoigner sur une période de plusieurs années», indique M. D'Entremont. «Heureusement, ils ne m'ont pas lâché. J'ai été chanceux.»

Dans certains cas, la caméra a pu capter l'ensemble de la démarche, depuis la décision de quitter la terre natale jusqu'au verdict de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, en passant bien sûr par les espoirs, les attentes et les déchirements après l'arrivée à Toronto ou à Montréal.

L'histoire poignante de Trudi, Carlos, Jennifer, Zaki et Alvaro sert également de prétexte au documentaire pour aborder la question du resserrement des règles sur la détermination du statut de réfugié au Canada décrété par le gouvernement de Stephen Harper, une réforme qui pourrait plus particulièrement défavoriser les demandeurs d'asile issus de minorités sexuelles.

La nouvelle loi adoptée en juin dernier prévoit en effet que les ressortissants de pays jugés sécuritaires par le ministère de l'Immigration qui verront leur demande d'asile rejetée n'auront plus la possibilité de faire appel.

Or, un pays peut parfois ne poser aucun risque pour la population en général, mais persécuter ceux ou celles qui ne se conforment pas à ses règles. Ce qui est trop souvent le cas des homosexuels, des lesbiennes et des transsexuels.

Même si «Une dernière chance» a été présenté à quelques festivals, dont la semaine dernière au Festival Image+Nation de Montréal, Paul Émile d'Entremont estime que le Web est le moyen de diffusion idéal pour son film, puisqu'il lui permettra de rejoindre un public plus vaste et donc de sensibiliser davantage de gens.

«Une dernière chance» sera disponible gratuitement sur le site de l'ONF du 7 au 9 décembre au onf.ca/dernierechance, soit juste à temps pour la Journée internationale des droits de l'homme.

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