QUÉBEC - La ministre du Travail, Agnès Maltais, a ouvert la porte à des modifications à son projet de règlement sur le placement des travailleurs de la construction, lundi, en prévenant cependant l'opposition que l'aspect litigieux a reçu l'assentiment du patronat.

Mme Maltais a mis en garde ses adversaires libéraux et caquistes contre la tentation de tenter de tirer profit de la situation pour des motifs partisans.

Lors d'un point de presse qui suivait ceux de ses adversaires, Mme Maltais a soutenu que les récriminations des libéraux et de la Coalition avenir Québec (CAQ) visaient des éléments pourtant demandés par les entrepreneurs.

Les deux partis de l'opposition jugent qu'en offrant aux employeurs la possibilité d'être en contact avec des syndicats, le règlement proposé par le gouvernement péquiste trahit l'esprit d'une loi, adoptée par les libéraux, qui éliminait le placement syndical.

Mme Maltais a indiqué que c'est à la demande des patrons qu'elle a ajouté cette case 'j'accepte' ou 'je refuse' d'être contacté par les syndicats.

Selon la ministre, les représentants de l'opposition avaient été informés des raisons qui motivaient l'apparition de cet élément dans le projet de règlement, qui doit finaliser l'application de la loi 30. L'objectif de cette loi était d'éliminer l'intimidation sur les chantiers de construction en retirant le placement aux syndicats pour le confier à la Commission de la construction du Québec (CCQ), à partir du dimanche 2 décembre.

Le mois dernier, Mme Maltais avait déposé un projet de loi pour reporter à septembre l'entrée en vigueur du nouveau système, à la suite d'une demande de la CCQ relativement à des problèmes informatiques.

Mme Maltais a affirmé lundi qu'elle est prête à faire toutes les modifications au règlement, si l'opposition peut prouver que le patronat est de leur avis.

«Si eux autres veulent me prouver que les patrons ne sont pas contents des deux cases alors que je reçois des demandes de patrons, on va les enlever les deux cases», a-t-elle dit.

Pour la ministre péquiste, le plus urgent est d'adopter son projet de loi pour combler le «vide juridique», et que des mesures transitoires s'étendent jusqu'à septembre prochain.

«Le problème, c'est le jeu politique qu'on est en train de faire, a-t-elle dit. Ça prend une date. Si on n'a pas de date, on laisse l'industrie de la construction dans le vide.»

Le député libéral Guy Ouellet a déclaré que le règlement des péquistes redonnerait aux syndicats la possibilité de faire du placement de travailleurs auprès des entrepreneurs. «On veut que ça respecte l'esprit et la lettre, et on veut que toutes les communications se fassent par la Commission de la construction du Québec, ce qui n'est pas le cas avec le règlement actuel de la ministre», a-t-il dit.

Le député caquiste Christian Dubé a estimé que la proposition du gouvernement ne respecte pas l'esprit de la loi qui abolit le placement syndical. Selon lui, en laissant les employeurs libres de transiger ou non avec les syndicats, le règlement des péquistes exposerait à l'intimidation ceux qui refusent, alors que la loi visait justement à la faire disparaître.

«Si l'employeur, lui, il veut avoir des discussions directes, bien, il ira demander si le gars a le vertige, quel âge qu'il a, puis toutes ces discussions-là, a-t-il dit. Mais la première discussion — à savoir le quantum puis la qualification —, ça, ça doit se faire par la CCQ.»

Les libéraux souhaitent qu'une commission parlementaire permette d'examiner leur projet de règlement, tandis que la CAQ demande une session de travail pour obtenir un consensus final.

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