EDMONTON - Une commission fédérale a rejeté des changements proposés aux codes nationaux de la construction pour améliorer la protection contre les feux de forêt.

Les changements auraient requis les constructeurs des régions sujettes aux feux de forêt d'utiliser des matériaux moins inflammables, de mettre davantage d'espace entre les édifices et de garder ceux-ci libres d'arbres et de végétation.

Philip Rizcallah, le gestionnaire intérimaire de la Commission canadienne des codes du bâtiment et de prévention des incendies, a expliqué qu'aucun consensus n'avait été atteint pour ces modifications et que la majorité des provinces avaient indiqué qu'elles ne mettront pas en vigueur les nouvelles règles.

Les provinces, a-t-il expliqué, ont trouvé qu'il serait très difficile d'imposer des matériaux ou le type de végétation que quelqu'un pourrait avoir près de leur maison.

Les changements ont été proposés par la National Fire Protection Association et un groupe sans but lucratif de l'Alberta appelé Partners in Protection.

Ils ont été proposés à la commission avant que des feux de forêt en 2011 détruisent des centaines de résidences à Slave Lake, en Alberta et forcent des milliers de personnes à quitter leur demeure.

Le désastre a coûté plus d'un milliard en dommages, en coûts pour combattre le feu et pour les secours.

Les membres de la commission sont nommés par le Conseil national de recherches du Canada et mettent à jour les codes du bâtiment à tous les cinq ans. Les prochains changements seront appliqués en 2015. La date limite pour les soumettre était le 16 novembre.

M. Rizcallah a indiqué que les changements proposés pour mieux contrer les feux de forêts allaient au-delà du mandat de la commission.

Les codes du bâtiment, a-t-il expliqué, sont en place pour qu'un incendie dans une résidence ne cause pas de dommages dans une autre résidence, et non pas pour les protéger de feux de forêts.

D'autres mécanismes sont en place pour contrer les feux de forêts, a-t-il indiqué, comme des règlements de zonage à l'échelle municipale.

Pour Sean Tracy, le directeur régional canadien de la National Fire Protection Agency, il ne s'agit pas d'une solution viable de laisser de telles décisions dans les mains des communautés.

Certaines provinces, dont l'Alberta, l'Ontario et la Colombie-Britannnique, ne permettent pas aux municipalités de mettre en place et de renforcer leurs propres codes du bâtiment, et se basent sur les codes fédéraux, a-t-il souligné.