Hitchcock: un must pour les fans du maître

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HITCHCOCK
Fox

Il y a quelques années, une superbe exposition de l'influence de l'art sur Alfred Hitchcock s'est tenue au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Dans la première salle en entrant, le visiteur pouvait voir les objets des films du grand maître, notamment les lunettes cassées de Veronica Cartwright dans Les Oiseaux, le tout enveloppé de la musique de Bernard Hermann, son compositeur fétiche.

Pour les fans du maître, c'était comme un passage vers son univers nous donnant la clé de sa psyché. Et c'est un peu comme cela qu'on se sent devant ce Hitchcock de Sacha Gervasi, une plongée fort intéressante entourant le tournage de Psycho en 1959. Ainsi, on apprend une foule de choses : les raisons du choix d'Anthony Perkins, de Janet Leigh, la fascination d'Hitchcock pour Vera Miles, l'impact d'Alma, la femme de Hitch, sur le succès du film, etc. Une foule de détails donc qui feront la joie des «geeks» du réalisateur...

On se retrouve donc à la première de North by Northwest en 1959, Hitchcock savoure un succès critique et populaire (alors que Vertigo n'avait pas eu l'impact escompté). Mais même si le vent est bon, Hitch doute. Sa femme Alma profite de leurs beaux jours à Los Angeles, fait des longueurs dans la piscine et espère que son réalisateur de mari s'arrêtera un jour. Mais Hitchcock a des idées, veut tourner à nouveau...

Il trouve finalement un roman obscur de Robert Bloch, «Psycho», qu'il dévore d'un trait et aime surtout l'idée de faire mourir son héroïne en plein milieu du film. Sa femme Alma essaie de le décourager d'aller de l'avant avec ce film d'horreur, mais le cinéaste veut absolument l'adapter.

Même s'il se trouve dans sa période artistique la plus féconde (coup sur coup il va tourner Vertigo, North by Northwest, Psycho et Les Oiseaux... qui dit mieux ?), Hitchcock peine à trouver du financement. Il hypothèque donc sa maison et avance vers l'inconnu alors qu'Alma, épouse délaissée à la maison, amorce un léger flirt avec un playboy scénariste.

Quoiqu'un peu anecdotique, le film est toutefois fort réjouissant. Pour l'admirateur du grand maître, quel bonheur de se retrouver dans sa maison de Bel Air, Bellagio Road. Ainsi, Gervasi nous fait entrer dans l'intimité du couple et montre surtout l'impact énorme d'Alma sur Alfred.

Car le réalisateur avait une tête de mule et une santé fragile. C'est donc sa femme qui a dû l'aider à terminer le film. C'est elle aussi qui a fait un deuxième montage de l'œuvre après un premier visionnement désastreux, tout autant qu'elle a proposé Anthony Perkins (qui était soupçonné d'être homosexuel à Hollywood, faisant de lui un candidat parfait pour incarner un personnage trouble) et Janet Leigh qui était déjà très bonne dans The Touch of Evil d'Orson Welles.

Hitchcock permet aussi de saisir (un peu mieux) ce grand réalisateur, admirateur maladif de la femme blonde, plutôt froid avec les hommes (on devine son énorme complexe dû à un physique ingrat), sa jalousie, son côté possessif et même enfantin. Un côté ambigu qui aurait toutefois dû être mieux exploité, avec plus de finesse. Car même si cette plongée dans le monde d'Hitchcock est fort intéressante, c'est surtout la psychologie d'Alma qui est plus étoffée : femme très intelligente (probablement autant que son mari) et dévouée, elle a aussi un côté révolutionnaire, avant-gardiste et agi comme garde-fou alors que son mari menace tout le temps de tomber dans le précipice. Un autre exemple du fameux dicton : derrière chaque grand homme, il y a une femme...

Mais le succès du film repose surtout sur deux acteurs formidables qui défendent ces personnages plus grands que nature. Anthony Hopkins évite la caricature et joue un Hitchcock tantôt gamin, tantôt troublant. Mais c'est Helen Mirren qui vole le show : son Alma Reville, petite anglaise rêveuse et fonceuse, un peu perdue sous le soleil de la Californie, crève l'écran.

Hitchcock - Fox Searchlight - 98 minutes - Sortie en salles le 30 novembre - États-Unis.

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