Place au cinéma! ... Ésimesac, La mort en douce, Hitchcock, Thérèse Desqueyroux, Anna Karenine, A Late Quartet... Voici les résumés et critiques des nouveaux films dans les salles du Québec cette semaine.


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  • LA MORT EN DOUCE (Killing Them Softly) (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 97 min.</strong> Drame de moeurs de Andrew Dominik avec Brad Pitt, Scoot McNairy, Ben Mendelsohn, Richard Jenkins, James Gandolfini, Ray Liotta, Vincent Curatola. Jackie Cogan est appelé à la Nouvelle-Orléans afin de donner un coup de balai au sein de la pègre locale. Deux petits truands sans envergure, l'ambitieux Frankie et le toxicomane Russell, ont en effet perturbé l'économie interlope en dévalisant le coffre et les joueurs d'une salle de paris clandestins dirigée par Markie Trattman. Le coup ressemble tellement à celui orchestré par le même Trattman un an plus tôt que les soupçons se portent immédiatement sur lui. Résultat qu'avait anticipé le véritable commanditaire de ce casse, Johnny Amato. Par souci d'efficacité et de propreté, Jackie, qui a démasqué tout ce beau monde, fait venir de New York Mickey, un autre tueur professionnel, au nom de qui il négocie un cachet à la hausse. Mais le grave problème d'alcool de ce dernier l'empêche d'accomplir son mandat, forçant Jackie à abattre seul tout le boulot. À travers cette peinture de milieu pénétrante, Andrew Dominik signe un vigoureux exposé sur l'économie du crime, illustrant de façon convaincante la chaîne alimentaire qui lie la pègre et le pouvoir. L'ensemble, plastiquement très soigné et parfois esthétisant à l'excès, est actionné par les dialogues très bien écrits et une distribution de première force.

  • ÉSIMESAC (4)

    <strong>Canada. 2012. 104 min.</strong> Conte de Luc Picard avec Nicola Frank-Vachon, Gildor Roy, Maude Laurendeau, Luc Picard, Sophie Nélisse, René Richard Cyr, Marie Brassard, Isabel Richer, Pierre Collin. Pour sortir de la crise et de la famine son village de Saint-Élie-de-Caxton, Ésimésac propose de créer un jardin communautaire. Ce projet déplaît au forgeron Riopelle, à qui ce grand naïf au coeur d'or, né dans un corps d'adulte mais sans ombre, a ravi son titre d'homme le plus fort du monde. Apprenant d'un fonctionnaire provincial que le chemin de fer pourrait passer par Saint-Élie, Riopelle convainc Ésimésac de consacrer ses forces à la production de rails plutôt qu'à la cueillette de légumes et de fruits sur une terre de roche réputée infertile. En acceptant, le jeune homme brise le coeur de sa soeur Marie, qui continue à rêver d'un jardin. Enorgueilli par son ombre toute neuve mais un peu particulière, gracieuseté de la sorcière du village, l'homme fort fait beaucoup d'effet à la fille de Riopelle, la belle Lurette, qui attend toujours son fiancé parti à la guerre. Après BABINE, Fred Pellerin refait équipe avec Luc Picard pour cette allégorie sur le sens de la solidarité et les pièges de la corruption, dont les flashs poétiques et les belles images, en décors naturels, font oublier le manque de subtilité du propos. Dans le rôle-titre, Nicola Frank-Vachon, bien que physiquement imposant, manque parfois d'assurance dans son jeu.

  • HITCHCOCK (4)

    <strong>États-Unis. 2013. 98 min.</strong> Drame historique de Sacha Gervasi avec Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson, Danny Huston, Jessica Biel, Michael Stuhlbarg, James D'Arcy, Toni Collette, Michael Wincott. Hollywood, 1959. Piqué au vif par un journaliste qui lui a conseillé de se retirer en pleine gloire, Alfred Hitchcock entend prouver au monde entier qu'à soixante ans passés, il peut encore surprendre. Ainsi, après le triomphe de sa comédie d'espionnage "North By Northwest", le maître du suspense annonce que son prochain film sera "Psycho", l'adaptation du livre de Robert Block inspiré des agissements du tueur en série Ed Gein. Voyant qu'aucun studio ne veut produire ce projet à haut risque, Hitchcock convainc son épouse Alma Reville, sa plus fidèle alliée et conseillère, d'hypothéquer leur maison pour le financer. Amorcé dans le plus grand secret, le tournage est marqué par divers incidents, ainsi que par les fréquentes absences d'Alma. En quête d'une plus grande reconnaissance publique, celle-ci a en effet accepté de coécrire le nouveau scénario du séduisant Whitfield Cook, un ancien collaborateur du couple. L'orgueilleux et contrôlant Hitchcock est fou de jalousie. Coscénariste du THE TERMINAL de Spielberg et réalisateur du documentaire ANVIL: THE STORY OF ANVIL, Sacha Gervasi propose une évocation soignée, goguenarde et assez fidèle, bien qu'anecdotique, du tournage d'un film qui a marqué l'histoire du cinéma. Anthony Hopkins compose un Hitchcock imposant et très crédible, aux côtés de ses solides partenaires.

  • A LATE QUARTET (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 106 min.</strong> Comédie dramatique de Yaron Zilberman avec Christopher Walken, Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener, Mark Ivanir, Imogen Poots, Liraz Charhi, Madhur Jaffrey, Nina Lee, Wallace Shawn. Alors que le quatuor à cordes de réputation internationale qu'il a fondé s'apprête à fêter ses vingt-cinq ans d'existence, le violoncelliste veuf Peter Mitchell annonce à ses collègues qu'il est atteint de la maladie de Parkinson et qu'ils devront lui trouver un remplaçant. Cette triste nouvelle ébranle le second violon Robert Gelbart et son épouse Juliette, altiste. Déjà au centre de la bataille d'égos qui oppose le rigide premier violon Daniel Lerner à son mari, Juliette doit également composer avec les récentes infidélités de ce dernier. La situation devient explosive lorsque le couple en crise découvre que sa fille, l'impétueuse Alexandra, a entamé une liaison secrète avec Daniel, qui est depuis peu son professeur de violon. Fort du succès de son documentaire WATERMARKS en 2004, Yaron Zilberman s'essaie avec un égal bonheur à la fiction avec ce touchant hommage à la musique, habile mélange de drames déchirants et de situations de vaudeville. La réalisation est souple, totalement au service des épatants interprètes, dont l'émouvant Christopher Walken dans un sobre contre-emploi.

  • THERESE DESQUEYROUX (4)

    <strong>France. 2012. 110 min.</strong> Drame de Claude Miller avec Audrey Tautou, Gilles Lellouche, Anaïs Demoustier, Catherine Arditi, Isabelle Sadoyan, Francis Perrin. Aquitaine, années 1920. Fille de riches propriétaires terriens, Thérèse accepte sans états d'âme de faire un mariage de raison et d'affaires avec Bernard Desqueyroux, fils héritier d'une famille voisine. Témoin des aspirations de sa meilleure amie et belle-soeur Anne, amoureuse de Jean Avezedo, un bel étranger poitrinaire qui passe l'été dans une cabane près du lac voisin, Thérèse est appelée à prendre le parti de la famille, farouchement opposée à cet amour. Mais au contact d'Avezedo, qu'elle est allée rencontrer à la demande de Bernard, Thérèse plonge dans un abîme de doutes, qui l'amènent à mépriser la société qui l'a enfermée dans un mariage de conventions. Et plus particulièrement Bernard, cet homme fat qui, à chaque jour qui passe, lui fait prendre conscience des murs de sa prison. Lorsque l'opportunité se présente de l'empoisonner à l'arsenic, celle qui vient de donner naissance à un premier enfant saisit sa chance. Audrey Tautou est très juste en esprit libre enfermée dans un mariage de convention dans cette transposition limpide et sans esbroufe du roman de François Mauriac par Claude Miller (LA PETITE LILI, UN SECRET), décédé peu après le tournage. S'il n'en constitue pas le sommet, le film rend justice à l'oeuvre du regretté cinéaste.

  • ANNA KARENINE (Anna Karenina) (3)

    <strong>Grande-Bretagne. 2012. 130 min</strong>. Drame de Joe Wright avec Keira Knightley, Aaron Taylor-Johnson, Jude Law, Domhnall Gleeson, Alicia Vikander, Matthew MacFadyen, Kelly Macdonald, Olivia Williams. Russie, 1874. À peine arrivée à Moscou, où son frère Oblonsky la réclame afin qu'elle l'aide à sauver son mariage miné par ses aventures extraconjugales, Anna Karenine fait la connaissance du séduisant comte Vronski. Entre cette épouse privilégiée d'un haut fonctionnaire du gouvernement et ce séduisant officier, c'est le coup de foudre. Honteuse d'avoir détourné le jeune homme de sa promise, Anna retourne à St-Petersbourg auprès de son mari. Mais Vronski, renonçant à ses obligations moscovites, la rejoint aussitôt. Cédant à la tentation, l'imprudente Anna se met à rêver au divorce lorsque la rumeur de sa liaison parvient à son époux, qui lui impose un ultimatum. Pendant ce temps, le coeur brisé par Kitty qui a refusé sa demande en mariage, Levin, le meilleur ami d'Oblonsky, retourne travailler sur sa ferme de Prokrovskoe, sans espoir de retour à Moscou. Mais diverses circonstances l'amèneront à revenir sur sa décision, au moment où Anna, devenue paria de la haute société, accélère sa chute. Sous la baguette inspirée de Joe Wright (ATONEMENT), cette adaptation d'une audace folle du roman de Tolstoï tient à la fois du ballet, du théâtre et du cirque. Étrangement, la mise en scène extravagante dénude l'intrigue, pour n'en conserver que l'essentiel. Bien entourée, la superbe Keira Knightley livre une de ses plus brillantes compositions à ce jour.

  • TABOU (Tabu) (3)

    <strong>Portugal. 2012. 118 min.</strong> Comédie dramatique de Miguel Gomes avec Teresa Madruga, Laura Soveral, Ana Moreira, Carloto Cotta, Ivo Muller, Isabel Cardoso, Henrique Espirito Santo, Manuel Mesquita. La jeune pensionnaire polonaise qu'elle attendait s'étant décommandée à la dernière minute, Pilar, célibataire catholique dans la cinquantaine, peut consacrer plus de temps à sa voisine Aurora, une octogénaire excentrique qui perd des fortunes au casino. Accusant sa domestique originaire du Cap Vert de lui avoir jeté un mauvais sort, la vieille dame, de plus en plus confuse, se retrouve à l'hôpital. Elle demande alors à Pilar de se rendre chez un certain Gian Luca Ventura pour l'informer de son état. Apprenant la nouvelle, cet Italien âgé accourt à l'hôpital, auprès de celle qui fut sa maîtresse cinquante ans plus tôt, alors qu'elle était une jeune et riche propriétaire terrienne mariée à un homme ambitieux et expansif, dans un pays d'Afrique noire encore sous le joug du colonisateur portugais. Cet exercice de style expressionniste et quasi muet semble croiser LE VAL ABRAHAM et OUT OF AFRICA. La narration littéraire pince-sans-rire surmonte des images en noir et blanc très belles, qui flirtent avec le surréalisme. S'il se prolonge inutilement et ferme la boucle de manière abrupte, cet objet-cinéma audacieux et étrange ne manque pas de fasciner.

  • LES POINGS DE LA FIERTE

    <strong>Canada. 2012. 63 min.</strong> Documentaire de Hélène Choquette. Dans un camp d'entraînement de boxe thaïe à la frontière birmane, quatre fils de travailleurs migrants illégaux se préparent avec acharnement aux combats du Festival de l'eau, qui les opposent annuellement à de jeunes Thaïlandais.