MONTRÉAL - Karim Ouellet a fait découvrir mardi soir quelques pièces de son tout récent album intitulé Fox, animal enjoué et fabulé qui se balade avec finesse sur le territoire de la pop. Tout juste débarqué de la scène de la Sala Rossa à Montréal, le jeune homme raconte que le fameux renard évoque davantage qu’il n’incarne.

Il suffit d’écouter la pièce-titre du disque pour saisir que la subtilité imprègne davantage le travail de l’artiste que sur son premier projet solo, Plume, sorti en février 2011 (oui, Karime Ouellet dégaine vite!). En fait, le principal intéressé admet que Fox est dans la même veine que le premier opus. Or, il s’avère plus réaliste.

« C’est encore enveloppé dans une aura de fable, explique l’auteur-compositeur-interprète. Les états d’âme ou les sentiments ne sont pas livrés droit au but. Les images planent. Elles sont suggérées. Je suis un grand fan de cinéma et je pense que ça se ressent dans mon écriture. J’aime provoquer l’imaginaire, l’évasion. Mais j’ai l’impression que ce disque est moins surréaliste que le premier. Le renard s’inscrit dans cette idée. C’est un truc que j’ai d’abord dessiné durant un atelier à Tadoussac. C’est resté. »

C’est donc fantaisiste, mais bien moins que l’album précédent. On flirte avec les mondes animaliers et surnaturels (notamment les chansons Fox et Le lapin blanc), mais l’élan complet est plus terre-à-terre. Pour le reste, Fox est certes plus pop, mais pas tant. C’est lyrique, mais non moins amusant. C’est groovy, mais pas renversant.

« En fait, je ne voulais pas retourner complètement dans cet atmosphère de conte qui existait dans Plume, précise Karim. Disons que c’est moins épique que Plume. Cela dit, c’est quand même une suite logique parce que les paroles et l’univers sont toujours très personnels… Je pars moins dans tous les sens que sur l’autre album. »

« Cette fois-ci, j’ai travaillé beaucoup les textes et la musique, ajoute-t-il. La mélodie était très importante. C’est en effet un peu plus pop, un rendu plus ou moins volontaire. Nous sommes arrivés (Karim et le coréalisateur Claude Bégin) à cette constatation durant la production. Tout comme le fait que certaines pièces soient plus accrocheuses. L’effort n’était pas tout à fait conscient. »

Un monde charmant

Qu’à cela ne tienne, les mélodies demeurent efficaces, quasi obsédantes. Les arrangements sont quant à eux vivants et bien faits. La voix particulière est belle et douce, quoique parfois un peu mielleuse et ampoulée (Foudre). Malgré les quelques excès de candeur, Karim Ouellet a su créer un joli univers dans lequel on se plait à vagabonder.

Ici et là, on s’abandonne à l’amour qui respire parfois l’escapade séduisante tantôt la désarmante passion. Tout ça dans un esprit fantaisiste bien personnel qui fait sourire

Intelligent mélange de soul, folk, reggae, électro coloré d’étincelles rap (Décembre avec Sarahmée), ce second opus confirme le talent du chanteur de Québec.

Fox est disponible depuis le 27 novembre. Karim Ouellet lancera son album au Cercle de Québec, mercredi.

On pourra voir le chanteur lors de « quelques événements spéciaux » en février 2013. Une tournée québécoise commencera au printemps.