CROISSANCE - L'économie mondiale pourrait replonger dans la récession en cas de sortie de route de la zone euro, prévient l'OCDE: Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, la crise de la zone euro, malgré les progrès enregistrés, reste la "principale menace" qui pèse sur l'économie mondiale. Inquiétudes également si les Etats-Unis devaient foncer dans leur "mur budgétaire".

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) relève aussi, dans son rapport semestriel sur les "Perspectives économiques mondiales", un nouvel accès de faiblesse de l'économie qui la conduit à revoir à la baisse les prévisions de croissance pour la plupart des grandes puissances.

La croissance américaine serait de 2,2% cette année (contre 2,4% prévu en mai) et de 2% en 2013 (au lieu de 2,6%). Elle rebondirait ensuite à 2,8% en 2014, selon une première prévision. "Si le 'mur budgétaire' n'est pas évité, un choc négatif considérable pourrait faire basculer les Etats-Unis et l'économie mondiale dans la récession", prévient son chef économiste Pier Carlo Padoa, au sujet des coupes et hausses d'impôts qui entreront automatiquement en vigueur si républicains et démocrates ne parviennent pas à un accord d'ici la fin de l'année.

Croissance molle au Canada

L'OCDE s'attend à ce que l'économie canadienne croisse à un rythme modéré jusqu'au milieu de l'an prochain.

Selon ses nouvelles prévisions économiques, l'économie du Canada progressera de 1,5 % au dernier trimestre de cette année et de seulement 1,8% en 2013.

La prévision pour l'an prochain est inférieure d'un demi-point à celle de la Banque du Canada. Toutefois les deux institutions s'accordent pour prévoir une croissance de 2,4 % au Canada en 2014.

L'organisation basée à Paris impute la tiédeur de ses projections à la faiblesse des marchés d'exportation, aux mesures d'austérité gouvernementales et à la dette élevée des ménages.

La zone euro au centre des inquiétudes

Dans la zone euro, la récession devrait être plus forte cette année qu'attendu précédemment, avec un produit intérieur brut (PIB) en recul de 0,4% au lieu de 0,1%. La récession se poursuivrait l'an prochain (-0,1%), alors que l'OCDE tablait en mai sur une croissance 0,9%. La reprise serait repoussée à 2014 (+1,3%).

"La crise de la zone euro demeure la principale menace pour l'économie mondiale, malgré les mesures récentes qui ont réduit les pressions immédiates", estime le club des pays riches dans son rapport. Du coup, Pier Carlo Padoan appelle à éviter tout resserrement budgétaire excessif.

"Dans la zone euro, l'ajustement du solde budgétaire structurel devrait s'en tenir aux engagements actuels", met-il en garde. Cela signifie que les gouvernements ne doivent pas prendre de nouvelle mesure de rigueur si la croissance escomptée n'est pas au rendez-vous et si les objectifs affichés de réduction du déficit public ne sont pas atteints.

LIRE AUSSI
» Le retour de la croissance molle: une bonne nouvelle trompeuse
» Rebond surprise de la croissance
» La croissance zéro a la dent dure
Loading Slideshow...
  • 1. LA DETTE DES MÉNAGES

    La dette des ménages canadiens a atteint au nouveau sommet au troisième trimestre, incitant le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, à sonner l'alarme contre le plus grand risque interne à l'économie. Les Canadiens doivent près de 1,51 $ pour chaque dollar qu'ils gagnent, soit davantage que les Américains.

  • 2. LA PIÈGE DE LA CONSOMMATION

    Malgré leur endettement, les Canadiens continuent de consommer... avec de l'argent emprunté. Et ce, notamment parce que les taux d'intérêt sont bas, l'emploi demeure stable et que les Canadiens ne sentent pas la soupe chaude. Une arme à double tranchant, puisque la consommation soutient néanmoins l'économie. (FREDERIC J. BROWN/AFP/Getty Images)

  • 3. LES PROBLÈMES DE LA ZONE EURO

    Quand la Banque TD a revu ses prévisions de croissance à la baisse, elle a mis en cause les difficultés de la zone monétaire européenne comme l'un des principales raisons. Presque toute l'Europe devrait entrer en récession pour le première moitié de l'année. Le Canada devrait subir les contrecoups avec la baisse de la demande pour ses matières premières et ses produits d'exportation. Le marché de l'emploi devrait aussi en souffrir. (ERIC FEFERBERG/AFP/Getty Images)

  • 4. L'ESSOUFFLEMENT DE LA CHINE

    Les signes de ralentissement en Chine se multiplient, en raison des dettes des gouvernements locaux, de l'essoufflement de la production industrielle, de même que le marché immobilier. Ce ne sera pas la catastrophe, mais quand la Chine, devenue deuxième puissance industrielle, a le rhume, c'est tout l'Occident qui éternue. (Aaron tam/AFP/Getty Images)

  • 5. L'ACCROISSEMENT DES INÉGALITÉS

    Le fossé entre riches et pauvres se creuse au pays, et les analystes préviennent que la stagnation des revenus des ménages fera mal à l'économie. Même si l'écart n'est pas aussi grand qu'aux États-Unis, le pouvoir d'achat des Canadiens s'en trouve diminué. (ADRIAN DENNIS/AFP/Getty Images)