QUÉBEC - Un comité annoncé la semaine dernière servira à examiner les impacts environnementaux d'un projet d'oléoduc, a déclaré mardi le ministre de l'Environnement, Daniel Breton.

M. Breton s'est montré rassuré par la mise en place de ce comité, décidée à la suite d'une rencontre de la première ministre Pauline Marois avec son homologue albertaine Alison Redford.

«Je trouve que c'est une bonne nouvelle, parce qu'on va être capable de voir tous les tenants et aboutissants d'un point de vue environnemental», a-t-il dit lors d'un point de presse avant une réunion des députés du Parti québécois.

M. Breton a répété qu'il continue d'étudier la possibilité de soumettre le projet d'oléoduc de la société Enbridge à une consultation publique québécoise.

«On est en train de regarder ça, mais moi je trouve que c'est une bonne nouvelle», a-t-il dit.

La semaine dernière, en marge du Conseil de la fédération à Halifax, Mme Marois a affirmé que ce comité formé de fonctionnaires sera mandaté pour déterminer si le Québec tirerait avantage d'un projet d'oléoduc.

En Chambre, le chef intérimaire libéral Jean-Marc Fournier a salué cette initiative, soutenant qu'elle tranchait avec les propos de M. Breton à ce sujet, dont il s'est moqué en les qualifiant de «courtois».

«Cela, je dois le dire, nous changeait de la position courtoise du ministre de l'Environnement dans le dossier, a-t-il dit. Pour une fois, la première ministre a choisi la science plutôt que le dogme, et je pense que c'est une bonne chose.»

Plus tôt ce mois-ci, M. Breton avait exprimé des réserves envers ce projet de la société Enbridge, qui inverserait le flux d'un oléoduc existant afin d'y faire couler du pétrole albertain.

Le ministre avait notamment affirmé qu'une consultation publique organisée par les autorités québécoises pourrait se pencher sur les risques environnementaux.

Le groupe écologiste Nature Québec a de son côté déploré, mardi, la mise en place de ce comité.

Le président de l'organisme, Christian Simard, a soutenu que cette instance ne pourrait en aucun cas se substituer à un processus d'évaluation environnementale en bonne et due forme.

«Ça envoie un mauvais signal effectivement», a-t-il dit lors d'une entrevue.

Pour Nature Québec, le ministre devrait mandater le Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) relativement aux impacts économiques et environnementaux de l'inversion du flux du pipeline et du transit des sables bitumineux albertains sur le territoire québécois.

Sans pouvoir préciser quelle instance serait chargée d'évaluer le projet, M. Breton avait cependant exclu le BAPE, il y a deux semaines.

Le ministre avait évoqué la possibilité que le Québec participe au processus qui serait dirigé par l'Office national de l'énergie (ONÉ), un organisme fédéral, mais M. Simard juge que cette seule démarche serait insuffisante.

«Pour nous, un membre sur le 'board' de l'ONÉ représentant le Québec est tout à fait insuffisant pour évaluer et défendre les impacts de ce projet sur le territoire du Québec», a-t-il dit.

D'autres instances, comme la commission d'étude sur la gestion de la forêt publique québécoise, ont déjà été créées, mais pour M. Simard, le BAPE demeure le meilleur choix.

«Il y a eu des commissions spéciales mandatées un peu sous le modèle du BAPE, comme la commission Coulombe, mais essentiellement le BAPE est là et peut très bien faire ce travail», a-t-il dit.

Selon M. Simard, Enbridge souhaite acheminer du pétrole des sables bitumineux jusqu'à Montréal et ensuite vers les États-Unis, par les Cantons-de-l'Est.

«Ça va traverser la vallée du Saint-Laurent, c'est là où les municipalités ont des prises d'eau potable, tout le long du trajet d'Enbridge, a-t-il dit. Donc c'est quoi les impacts éventuels d'un vieux pipeline, qui a une moyenne d'âge de plus de 40 ans, quand on l'inverse et qu'on passe du pétrole issu des sables bitumineux qui n'a pas la même composition que le pétrole léger?»

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