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Nicolas Sarkozy devant la justice française

22/11/2012 08:44 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

L'ancien président français Nicolas Sarkozy est interrogé dans le cadre de l'enquête sur des retraits suspects effectués dans des comptes bancaires de l'une des femmes les plus riches de France.

M. Sarkozy, qui est entendu par les juges de la Cour de Bordeaux, risque d'être inculpé pour « abus de faiblesse » envers Liliane Bettencourt. M. Sarkozy pourrait avoir financé illégalement sa campagne électorale présidentielle de 2007 avec de l'argent reçu de Mme Bettencourt, l'héritière du géant mondial des cosmétiques L'Oréal.

Mme Bettencourt, aujourd'hui âgée de 90 ans, est sous tutelle de sa famille.

L'ancien président français aurait rendu visite à Mme Bettencourt pendant sa campagne présidentielle de 2007. Or, des retraits suspects, en argent comptant, ont été effectués sur des comptes bancaires suisses de la vieille dame durant cette période. Plus d'un million de dollars ont ainsi été retirés des comptes de Mme Bettencourt.

Les juges tenteront de déterminer si l'argent a servi, dans des proportions dépassant le seuil légal, à la campagne présidentielle de M. Sarkozy en 2007. De plus, les juges tenteront de déterminer si la dame, qui est diminuée psychologiquement depuis 2006, a pu donner un consentement éclairé à ces dons politiques.

L'affaire a été découverte par l'ancien comptable des Bettencourt. Ce dernier a déclaré à la police, en juillet 2010, que l'ancien homme de confiance de M. Sarkozy, Patrice de Maistre, lui a réclamé 150 000 euros en argent comptant. M. de Maistre a indiqué qu'il comptait remettre la somme au trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth.

L'ancien président français affirme qu'il s'agissait d'une visite de courtoisie à Mme Bettencourt et nie toute malversation. Demeuré discret sur ses intentions politiques depuis sa défaite aux élections présidentielles de mai dernier, M. Sarkozy, 57 ans, demeure le candidat de prédilection des partisans de la droite en prévision des présidentielles de 2017.

C'est la deuxième fois, depuis le début de la cinquième République en 1958, qu'un ancien chef d'État français est convoqué par un juge. Jacques Chirac, condamné l'an dernier dans deux affaires d'emplois fictifs de la mairie de Paris, avait été le premier.

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